🇫🇷 Affaire #Théo La version du policier mis en examen pour viol. Extraits du procès-verbal d’audition.

Il était 19h09, ce jeudi 2 février. Près de trois heures après l’interpellation mouvementée du jeune Théo à la cité des 3000 à Aulnay-sous-bois (Seine-Saint-Denis), le policier qui va être ultérieurement mis en examen pour « viol » est entendu une première fois par un collègue. A cette heure, Théo, la victime, n’a pas encore été transporté à l’hôpital où sera constatée une blessure de 10 centimètres dans l’anus provoquée, selon lui, par l’intromission volontaire d’une matraque. Le choc provoqué par cette opération de police n’est pas encore d’actualité. Le gardien de la paix de 27 ans, soupçonné d’être l’auteur de ces violences, porte plainte contre Théo et donne sa version des faits dans un procès-verbal que L’Express a pu consulter.

Il revient d’abord sur les circonstances de l’incident. En patrouille dans ce quartier sensible d’Aulnay avec trois autres policiers, il repère « un individu déjà connu de nos services pour son implication pour le trafic de produits stupéfiants ». Après avoir été pris à parti, les gardiens de la paix décident de procéder à un contrôle. Ils encerclent le petit groupe. « Il devait y avoir une dizaine de personnes à contrôler », précise-t-il. Selon la version du policier, une bagarre se déclenche lors de la palpation d’un deuxième individu. La situation est d’abord confuse. La patrouille tente d’interpeller Théo et, dans le même temps, est encerclée par les autres personnes présentes. « Pris dans l’action, nous ne pouvions faire appel aux renforts », dit-il. Il décrit alors une interpellation qui dégénère en raison de la résistance de Théo.

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« Alors que je venais de lui saisir le bras, je recevais de sa part un coup de poing au niveau de la pommette gauche. Durant quelques instants, j’ai été sonné. J’ai compris à ce moment-là que l’individu serait prêt à tout pour se soustraire. Il se débattait, portait des coups de poing à tout va, gesticulait en tout sens, même des jambes. Le gardien de la paix D. parvenait toutefois, mais très difficilement, à le conduire au sol en le ceinturant. Tous deux basculaient au sol de manière très brutale ».

D’après le policier, Théo n’est pas encore maîtrisé, ni calmé. « J’usais alors de ma matraque télescopique, déclare-t-il, et lui portais des coups en visant l’arrière des cuisses. L’individu continuait de se débattre, il se retournait, gesticulait en usant de son gabarit musclé, et il parvenait à se relever », explique-t-il. « Là je le voyais piétiner le collègue D. qui était encore au sol dos contre terre et subitement un jet de gaz lacrymogène s’échappait de la bombe du gardien D ». Et d’ajouter: « Je suppose alors que ce jet a été causé accidentellement dans l’agitation de l’individu. » Toujours selon ce témoignage, malgré le renfort d’un nouveau policier, aucune amélioration: « il continuait de piétiner le gardien de la paix D qui se trouvait toujours dos contre sol ».

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Une deuxième fois, le policier fait usage de son arme de défense. Mais à aucun moment, dans ses propos, il n’évoque des coups sur les fesses. « Je décidais de porter à l’individu des coups de matraque télescopique en visant ses membres inférieurs dans l’espoir de lui faire perdre l’équilibre et de l’amener au sol. Mon effort portait ses fruits et l’individu basculait à terre. Au sol, il continuait de se débattre continuant de porter des coups de pied. J’ai à nouveau riposté par un coup de télescopique au niveau d’une de ses jambes. A l’issue de cet épisode, Théo est finalement menotté.

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