🇫🇷 #Nord Épidémie d’arrêts maladie dans les commissariats pour protester contre les conditions de travail.

L’initiative est partie de Roubaix, vendredi, et pourrait toucher plusieurs commissariats du Nord. De nombreux fonctionnaires de police sont en arrêt maladie. Une technique pour protester contre la réforme des cycles horaires et contre leurs conditions de travail, de plus en plus difficiles.

« En vingt ans de police, c’est la première fois que je vois ça. » Vendredi, la quasi-totalité des policiers de la BAC, la brigade anticriminalité de Roubaix, est subitement tombée malade. Un véritable ras-le-bol ou une manière, pour eux, de protester contre la réforme de leurs cycles horaires ? « C’est une technique courante chez les CRS quand ils souhaitent obtenir quelque chose mais inédite en urbain, au sein des commissariats », nous explique un fonctionnaire qui s’exprime sous le sceau de l’anonymat « par peur de sanctions ».
Pour mener à bien la réforme, le ministère de l’Intérieur a mis en place une concertation avec les syndicats de policiers. Les nouveaux rythmes portés par la base leur permettraient de travailler un week-end sur deux, « au lieu de cinq week-ends sur six ». Infaisable en l’état, leur répond-on.

La goutte d’eau

Officieusement, les raisons de ce « burn-out » généralisé sont peut-être plus complexes. « Cette histoire d’horaires, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, estime un syndiqué. Il y a eu la mobilisation des policiers en colère qui n’ont pas été écoutés par la hiérarchie. Il y a aussi et surtout les conditions de travail. Le boulot de la BAC n’a plus de sens. Quand ils prennent en chasse une voiture volée, on leur demande d’arrêter. Et quand ils ne ramènent pas d’affaires, ils doivent rendre des comptes. Pour travailler sur certains secteurs, il faut garder la foi. »

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Une semaine plus tard, les « bacqueux » n’ont toujours pas repris le travail. « Dès lundi, ils ont été convoqués devant le médecin-conseil de l’administration pour qu’il détermine si ce sont des arrêts de complaisance, explique un syndicaliste. Le médecin n’a pas contredit ses confrères. »

Depuis lundi, les services de police notent une « effervescence » dans l’ensemble des commissariats du Nord. Le début d’un mouvement d’ampleur ? « Aux Roubaisiens, la seule réponse qui leur a été donnée, c’est de leur dire qu’ils allaient créer une BAC d’agglomération à Lille qui regrouperait les équipes de Roubaix, Tourcoing, Lille et Armentières. Nous sommes dans un rapport de force », dit un policier.
« Ce sont effectivement des mots qui ont été dits, confirme-t-on chez les syndicats. Est-ce un coup de colère ? Est-ce réfléchi ? »
Ceci dit, la « désertion » de ces fonctionnaires qui n’ont pas la « réputation d’être des tire-au-flanc » est la preuve, pour beaucoup, d’un « véritable malaise » au sein de la maison police. Elle crée également un trouble quand on sait que ce sont les BAC qui ont été dotées des équipements (dont le fameux fusil d’assaut HK G36) pour intervenir en cas d’attaque terroriste. Certains officiers dénoncent d’ailleurs une « véritable prise d’otages ».

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