🇫🇷 #Police Dans les quartiers difficiles, les jeunes policiers souvent démunis.

Mal préparés, les jeunes policiers affectés dans les quartiers difficiles ? Après l' »affaire Théo » qui a relancé le débat, des acteurs du monde policier refusent la « caricature », préférant questionner les missions mêmes de la police sur le terrain.
« Quand tu viens de province et que tu arrives dans les cités du 93 ou de l’Essonne, ça fait drôle », lâche un policier, résumant un sentiment largement partagé.
Pour la secrétaire générale du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) Céline Berthon, « on a des jeunes qui se prennent de plein fouet une réalité qu’ils ne connaissent pas: sociale, comportementale mais aussi communautaire ».
Frais émoulus de l’école où ils ont reçu une formation d’un an entrecoupée de stages, les jeunes policiers sont-ils suffisamment armés pour affronter ce quotidien ? « Attention aux grandes déclarations manichéennes ou aux approches caricaturales », prévient Mme Berthon.
Droit pénal, connaissance de l’institution, apprentissage du renseignement et des techniques d’intervention mais aussi des règles déontologiques et du travail en « milieu sensible »: « la formation est bonne. Après, rien ne remplace l’expérience sur le terrain » ?, estime un commandant de police.
« On rentre très vite dans le bain », raconte un fonctionnaire de 24 ans, qui a choisi d’intégrer une brigade spécialisée de terrain (BST) en région parisienne, le même type d’unité que celle des policiers d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis mis en examen après le viol présumé du jeune Théo lors de son interpellation.
A son premier caillassage, il s’est senti « un peu dépassé »: « j’avais mon Flashball, j’ai pas su si je pouvais tirer, si j’étais à la bonne distance, si je risquais de blesser, si j’étais en position de légitime défense ».
« On est formé en école aux violences urbaines », « mais ce n’est jamais la réalité. La cité c’est la vraie vie, en face il peut y avoir de vrais méchants, qui vont vous casser la gueule dès qu’ils le pourront », complète un commissaire de l’Essonne.
Le policier de la BST dit avoir reçu un cours de déontologie, consacré au vouvoiement, et des notions de psychologie, « comment garder son calme, maîtriser sa peur ». Mais rien sur la façon de dialoguer avec les jeunes. « De toute façon, ils n’ont pas spécialement envie de dialoguer avec nous ! »

‘Logique de rapport de forces’

Pour Frédéric Lagache du syndicat Alliance, « il y a un problème de transfert d’autorité ». « Là où il y a des trafics, quand un jeune subit un contrôle, il ne le comprend pas car ce n’est pas lui qui l’a décidé. Alors ça débouche sur un conflit. »…

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