🇫🇷 #AffaireThéo Le rapport de l’IGPN ne contredit pas l’audition du policier. Les vidéosurveillances non plus.

« Le Point » publie des extraits du rapport d’un des policiers qui ont interpellé le jeune homme. Une version validée par les caméras de surveillance.

Que s’est-il passé le 2 février au soir, dans la cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois ? Selon Théo L., les policiers de la brigade spécialisée de terrain (BST) l’ont frappé alors qu’il était contre un mur, « tranquillement ». Le jeune homme, qui a porté plainte pour viol, dénonce un passage à tabac, des insultes racistes et surtout le fait qu’un des policiers lui a enfoncé volontairement une matraque dans l’anus. Hospitalisé, une blessure de 10 cm dans la zone rectale a été constatée et le jeune homme a eu une incapacité totale de travail de 60 jours.

Reste que, quelques heures à peine après l’intervention, et alors que Théo L. n’a pas porté plainte, la version des policiers consignée dans un procès-verbal est tout autre. Selon le policier incriminé pour les faits les plus graves – il a été mis en examen pour viol alors que ses trois collègues le sont pour violences volontaires –, Théo L. s’est interposé violemment alors que l’unité procédait à l’interpellation d’un dealer. Lequel est parvenu à s’enfuir.
« Un coup de poing au niveau de la pommette gauche »

« (…) Un des individus contrôlés avançait sa tête vers la mienne en signe de défiance, alors, de la paume de la main, j’ai repoussé fermement sa tête au niveau de sa joue. C’est à cet instant que l’individu (« Théo », NDLR) qui se trouvait sur sa gauche et qui n’avait pas encore fait l’objet d’une palpation s’en mêlait et que ce dernier m’attrapait au niveau du col et me disait quelque chose du genre Eh, tu fais quoi là ?. Je repoussais immédiatement son bras avec ma main, mais il ne me lâchait toujours pas. Un collègue intervient alors. Il lui saisissait son bras afin qu’il me lâche. Mais l’individu (« Théo ») se retournait vers lui, puis un échange de coups s’ensuivait. (…) Alors que je venais de lui saisir le bras, je recevais de sa part un coup de poing au niveau de la pommette gauche. Durant quelques instants, j’ai été sonné. J’ai compris à ce moment-là que l’individu serait prêt à tout pour se soustraire. Il se débattait, portait des coups de poing à tout va, gesticulait en tout sens, même des jambes. »
La suite de son rapport décrit un combat assez violent pour immobiliser le jeune homme. « J’usais de ma matraque télescopique et lui portais des coups en visant l’arrière de ses cuisses. Il continuait de se débattre, il se retournait, gesticulait en usant de son gabarit musclé et il parvenait à se relever. Il continuait de porter des coups dans tous les sens. Là, je le voyais piétiner mon collègue qui était encore au sol dos contre terre et, subitement, un jet de gaz lacrymogène s’échappait de la bombe de mon collègue. Malgré le gaz, l’individu parvenait à se relever. (…) Il continuait de piétiner le collègue. Je décidais de lui porter des coups de matraque télescopique en visant ses membres inférieurs dans l’espoir de lui faire perdre l’équilibre et de l’amener au sol. Mon effort portait ses fruits et l’individu basculait à terre. Au sol, il continuait de donner des coups de pied, j’ai donné un coup de matraque au niveau des jambes. Enfin, nous arrivions à lui passer une menotte, puis la seconde. »
Le compte rendu détaillé de l’IGPN

On le voit, le récit du policier diffère très sensiblement de celui de la victime. Or il concorde avec les images des trois caméras de surveillance de la municipalité. Le Point a pu lire le compte rendu d’exploitation détaillé minute par minute par l’IGPN, la police des polices, qui, au vu de ces images, avait conclu à l’absence d’intentionnalité de la part du policier. Une conclusion qui avait suscité l’indignation. Reste que ce rapport de l’IGPN ne contredit pas l’audition du policier faite moins de deux heures après les faits, ce qui lui aurait laissé peu de temps pour échafauder un scénario concerté avec ses collègues.
Selon le compte rendu : « À 16 h 45 et 15 s, constatons la présence de 4 individus, dont le nommé Théo L., face au studio d’enregistrement le CAP (lieu de l’intervention de la BST, NDLR). À 16 h 46 et 19 s, constatons l’arrivée du véhicule de police sur l’avenue principale. À 16 h 46 et 29 s, constatons qu’un fonctionnaire (de police, NDLR) se dirige pédestrement vers le groupe d’individus. À 16 h 46 et 43 s, constatons que le fonctionnaire dirige le groupe à l’arrière du bâtiment. À 16 h 47 et 35 s, constatons qu’un individu repousse le gardien de la paix. À 16 h 47 et 50 s, constatons que le nommé L (Théo, NDLR) se bat avec les fonctionnaires de police. »…

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