🇫🇷 #Police La patronne de l’IGPN évoque les «imprécisions proférées à longueur de journée dans les médias».

A la tête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), Marie-France Monéger-Guyomarc’h dirige les enquêteurs chargés de faire la lumière sur l’interpellation du jeune Théo. Dans un entretien accordé à L’Express, elle critique les « imprécisions » relayées par certains médias.

Ils n’ont pas la réputation d’être tendres avec leur collègues et pourtant, depuis les événements d’Aulnay-sous-Bois, leur travail suscite l’incompréhension d’une partie des citoyens. Les policiers de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été saisis par la justice pour enquêter sur la violente interpellation du jeune Théo le 2 février par quatre fonctionnaires de la Brigade spécialisée de terrain (BST).

Une vingtaine d’enquêteurs ont été mobilisés sur ce dossier sensible. Dans leurs premières conclusions, ils écartent la piste d’un viol délibéré par l’auteur du coup de matraque, ce qui leur a valu plusieurs critiques. Un procès injuste selon Marie-France Monéger-Guyomarc’h, patronne de cette redoutable « police des polices ». Dans un contexte tendu et alors que des violences urbaines ont éclaté en région parisienne, elle a accepté de répondre aux questions de L’Express.

A la suite des événements d’Aulnay-sous-Bois, la question revient une nouvelle fois sur la table: le comportement des policiers est-il suffisamment contrôlé?

Marie-France Monéger-Guyomarc’h. La profession de policier est l’une des plus surveillées de France. Les fonctionnaires portent des armes, ont le droit de faire usage de la force, de placer des individus en garde à vue, de les fouiller à corps, d’effectuer des perquisitions. Ces droits s’accompagnent logiquement de devoirs et d’un contrôle exigeant. Il est indispensable que l’action des policiers et que les policiers eux-mêmes soient irréprochables.

Il faut bien comprendre que les fonctionnaires de police, à la différence de tous les autres justiciables, peuvent pour les mêmes faits être l’objet à la fois d’une enquête administrative et d’une enquête judiciaire. Dans de nombreux cas, alors même que la justice pénale décide de ne pas poursuivre l’agent, il peut être sanctionné disciplinairement en raison de manquements déontologiques. Ainsi, un policier consommateur de cannabis peut ne pas être condamné pénalement mais, si les faits sont matérialisés, il sera obligatoirement sévèrement sanctionné par l’institution.

L’affaire Théo a entraîné des manifestations et l’incompréhension d’une partie de la population. Comment l’IGPN prend-elle en compte cette situation?

Je comprends l’émoi de la population. Ce qui est gênant, ce sont toutes ces imprécisions proférées à longueur de journée dans les médias ou lors de certaines interventions. Elles donnent l’impression que l’IGPN ne fait pas son travail, se montre partiale et enquête à l’avantage de ses collègues. Quand j’entends dire, à tort, que notre rapport mentionne « un accident » ou un « viol involontaire », les bras m’en tombent. Cela n’existe pas en droit.

Nous n’avons évidemment pas utilisé ces termes inadéquats, mais une qualification du code pénal qui s’appuie sur ce que nous avons constaté, vu et entendu. Je signale à ce propos que le code de procédure pénale impose au service de police enquêteur de qualifier juridiquement les faits, ce que l’on nous a injustement reproché et qui a pourtant été largement diffusé.

Personne ne nie les faits et les graves blessures subies par Théo. Personne ne nie que c’est une affaire épouvantable, qui a d’ailleurs mobilisé une vingtaine d’enquêteurs de l’IGPN. Et l’enquête se poursuit sous l’autorité du juge d’instruction. Mais notre approche se doit d’être juridique, légale, objective, factuelle et professionnelle…

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