🇪🇺 Des soldats américains déployés dans plusieurs pays d’Europe. « Une menace contre nous » a réagi la Russie.

Quelque 300 soldats américains sont arrivés lundi en Norvège, pays membre de l’Otan, pour être stationnés par rotation dans le pays scandinave, un déploiement contesté par Moscou. Jeudi dernier, des blindés américains étaient entrés en Pologne, début d’un des plus vastes déploiements militaires des États-Unis en Europe depuis la fin de la guerre froide, accueilli avec satisfaction par les Polonais et avec colère par Moscou.

Le convoi faisait partie du premier transport de soldats américains et de matériel militaire lourd arrivé en Europe orientale dans le cadre de l’opération Atlantic Resolve, décidée par Barack Obama après la prise de la Crimée par la Russie. « Nous considérons cela comme une menace contre nous », a réagi immédiatement le porte-parole de la présidence russe Dmitri PeskovLes troupes américaines sont déployées en Europe de l’Est par rotation, l’Otan et Washington continuant à respecter un engagement unilatéral de ne pas y installer de bases militaires, pris à l’égard du Kremlin dans les années 1990, encore dans le climat de détente ayant suivi la chute du communisme. Lors de son sommet à Varsovie en juillet dernier, l’Otan a décidé de déployer au printemps 2017 quatre bataillons multinationaux en Pologne et dans les pays baltes.

Crainte de tentatives de déstabilisation de Moscou

Parallèlement, la Lituanie et l’Estonie signeront mardi un accord avec Washington sur le statut des soldats américains envoyés sur leur territoire par l’administration sortante de Barack Obama, à quatre jours de l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Avec la conclusion d’un accord similaire par la Lettonie vendredi dernier, les trois pays baltes veulent renforcer l’engagement formel de Washington à leurs côtés, alors qu’ils continuent à craindre d’hypothétiques tentatives de déstabilisation de la part de la Russie.

D’autant que certaines déclarations de Donald Trump, laissant entrevoir une détente avec Moscou et faisant dépendre le soutien des États-Unis à leurs alliés de leur contribution à l’Otan, ont semé le trouble dans ces pays jadis occupés par l’URSS et dont deux – la Lettonie et l’Estonie – abritent d’importantes minorités russophones.
Pas de temps à perdre

« Le temps est ce qui compte et nous ne voulons pas que la période de transition (à Washington) ralentisse ce processus », a dit à l’Agence France-Presse lundi le chef de la diplomatie lituanienne Linas Linkevicius. Il a en même temps affirmé avoir confiance dans l’engagement de Trump à l’égard de l’Otan et approuver une augmentation des dépenses des alliés pour la défense.

Linas Linkevicius était sur la même longueur d’onde que le ministre letton de la Défense Raimonds Bergmanis. Interrogé en marge de la cérémonie de signature à Riga vendredi dernier sur d’éventuels changements à venir dans la politique américaine vis-à-vis des pays baltes, il a dit « ne pas nourrir de telles inquiétudes ». Il a reconnu, selon l’agence LETA, que la négociation de l’accord « n’avait pas été facile et a demandé beaucoup d’efforts ».

De son côté, l’ambassadrice des États-Unis à Riga, Nancy Pettit, qui a signé le texte, s’est dite confiante dans le fait qu’il allait renforcer la coopération déjà étroite entre les deux pays. « Cet accord, a-t-elle dit, réaffirme une nouvelle fois le soutien des États-Unis à la souveraineté et à l’indépendance de la Lettonie, ainsi que l’article 5 du traité de l’Otan » (qui prévoit qu’une attaque contre un pays membre est considérée comme visant toute l’Alliance). Les trois documents stipulent notamment, comme la plupart d’accords similaires dits SOFA (Status of Forces Agreements) signés par les États-Unis avec de nombreux pays, que le personnel militaire américain expatrié et les familles qui l’accompagnent resteront sous juridiction américaine, sauf en cas de crimes graves.

Soutien américain à l’Ukraine

Le texte de l’accord avec la Lituanie, le seul à être publié jusqu’à présent, indique notamment que sa justice sera compétente seulement en cas de délits « très importants ».

Dans des documents du gouvernement letton, on lit que le personnel américain bénéficie de l’immunité, sauf si l’armée américaine autorise le parquet local à intenter des poursuites. Dans les derniers jours précédant l’inauguration de l’administration Trump, la présidence sortante américaine a fait plusieurs gestes destinés à illustrer sa fermeté à l’égard de Moscou. Le vice-président sortant Joe Biden s’est notamment rendu lundi à Kiev pour assurer l’Ukraine du soutien des États-Unis

Lire la suite : bit.ly/2jri…