🇫🇷 Un indic de la gendarmerie aurait fourni des armes à A. Coulibaly. La justice aurait sciemment occulté ce lien.

D’après une enquête de « Mediapart », la justice aurait sciemment occulté les liens entre un indicateur de la gendarmerie et Amedy Coulibaly. Or, c’est par ce biais que le terroriste se serait procuré des armes avant de passer à l’acte les 7,8 et 9 janvier 2015.

C’est tout une profession qui pourrait être entachée par le dossier. Comme le révèle Mediapart dimanche 12 mars, un indicateur de la gendarmerie aurait fourni des armes à Amedy Coulibaly, l’auteur du meurtre d’une policière le 8 janvier 2015, puis de la prise d’otages de la porte de Vincennes le 9 janvier. Surtout, la justice aurait volontairement ignoré cette implication indirecte des services de sécurité.

L’affaire commence lorsque les responsables de la Brigade criminelle et de la Sous-direction antiterroriste ne précisent pas, dans leur rapport au parquet du 20 janvier 2015 sur les attentats du début de la même année, les informations relatives à l’achat d’armes en provenance de Slovaquie par une société lilloise, Seth-Outdoor, laquelle s’avérera appartenir à la compagne de Claude Hermant, « une figure de l’extrême droite identitaire lilloise », selon Mediapart, et informateur de la gendarmerie. Or, grâce aux informations d’Interpol, les enquêteurs disposaient de l’information.

La « cible » interrogé quatre mois après l’indicateur

Le 20 janvier, Claude Hermant et sa compagne sont interpellés par la PJ lilloise, laquelle ne le questionne jamais sur les attentats. Il explique alors avoir « pris conscience » que « les armes citées » après les attentats de Paris pouvaient être des armes qu’il avait « été amené à fournir » à un dénommé Samir, un voyou, « à l’occasion d’opérations d’infiltrations pour le compte de la gendarmerie ».

Mais jusqu’en juin 2015, les juges lillois persistent à ignorer le lien entre les attentats survenus dans la capitale et les armes en question. Mediapart précise même que la « cible » de Claude Hermant, Samir Ladjali, l’intermédiaire, semble-t-il, entre l’indicateur et les terroristes, n’est interrogé et mis en examen que quatre mois après que Claude Hermant ait été incarcéré.

Le 22 juin 2015, finalement, la juge antiterroriste Nathalie Poux informe officiellement les magistrats lillois qu’elle dispose « de l’identification des armes transmise par Interpol cinq mois plus tôt », tel que le précise le site d’information. Elle écrit que « quatre pistolets semi-automatiques Tokarev en possession d’Amedy Coulibaly sont identifiés formellement comme ayant été vendus à Seth-Outdoor, tandis qu’un autre pistolet semi-automatique Tokarev et un fusil d’assaut CZ sont susceptibles de provenir de Seth-Outdoor », alors que l’information est déjà établie.

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