🇫🇷 #Marseille Attentat déjoué : 12 avril, la DGSI et un service britannique interceptent une vidéo des 2 suspects.

Les deux hommes arrêtés mardi à Marseille (Bouches-du-Rhône) étaient suivis depuis des semaines. Une enquête minutieuse.

Le terrorisme islamiste s’est brusquement invité dans la campagne présidentielle. Mardi matin, à cinq jours seulement du premier tour de scrutin, les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont arrêté deux hommes de 23 et 29 ans manifestement sur le point de commettre un attentat. Un «projet d’action imminente» a été déjoué selon François Molins, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse dans la soirée, même si de l’aveu du procureur de la République de Paris, ni les cibles ni les dates envisagées n’apparaissent encore clairement.

Des armes et des explosifs ont été découverts dans un appartement d’étudiant loué en liquide depuis le début du mois d’avril, en plein centre de Marseille (Bouches-du-Rhône), rue de Crimée, près de la gare Saint-Charles. Les deux hommes, de nationalité française, ont été interceptés, le premier alors qu’il sortait vers 10 heures de cet immeuble de béton gris, le second une demi-heure plus tard dans la cage d’escalier.

Ces interpellations signaient la fin d’une course contre la montre enclenchée il y a une dizaine de jours et qui a mobilisé dans l’ombre des centaines de policiers du renseignement dans toute la France ainsi que des magistrats spécialisés à Paris. A la mi-journée, alors que les perquisitions débouchaient sur la découverte d’un pistolet-mitrailleur Uzi, de deux pistolets automatiques, puis de 3,250 kg de TATP (un explosif artisanal utilisé notamment lors des attentats du 13 novembre 2015) rangé dans un placard sur des étagères, le soulagement était perceptible dans les cercles de l’enquête.

Une vidéo d’allégeance à Daech interceptée le 12 avril

Tout s’est accéléré le 12 avril, grâce notamment aux investigations techniques, déterminantes dans cette affaire. Ce jour-là, la DGSI, appuyée par un service de renseignement britannique, intercepte une vidéo dans laquelle deux hommes, identifiés comme Mahiedine Merabet, le plus âgé, et Clément Baur, font allégeance à Daech. On aperçoit des armes, dont selon toute vraisemblance le fameux Uzi, mais aussi la une du «Monde» daté du 16 mars consacrée à la campagne de François Fillon. La vidéo intègre également des montages d’enfants morts dans des bombardements, probablement dans la zone irako-syrienne. Ces deux islamistes radicaux, les hommes et les femmes du renseignement français les connaissent bien mais peinent à les localiser.

Leur profil est plus qu’inquiétant. En 2015, ces jeunes originaires du nord de la France et fichés S ont partagé la même cellule dans la prison lilloise de Sequedin. Mahiedine Merabet a derrière lui un lourd passé de délinquant, avec douze condamnations selon François Molins. Clément Baur a, lui, un casier plus léger, même si sa détermination ne fait guère de doute.

Lire la suite : adf.ly/1mHe…