🇫🇷 #Finistère Il allume plusieurs incendies durant la nuit, le GIPN se lance à sa poursuite. Il se suicide.

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Un homme de 51 ans a terrorisé toute une nuit l’île d’Ouessant en incendiant plusieurs bâtiments. Il a été retrouvé dans une crique alors qu’il venait de mettre fin à ses jours raconte Le Parisien.

Pris d’un coup de folie, un ancien artisan installé sur cette île du Finistère depuis 17 ans a semé la terreur toute une nuit avant de se donner la mort. La fin d’une longue déchéance.

Le vent mauvais qui a soufflé sur Ouessant n’est pas encore retombé. Dans le bourg de Lampaul, au coeur de l’île au bout du bout de l’ouest de la France, l’incompréhension plombe les esprits.

Au détour des paisibles ruelles typiques, dont le dédale borde une mer d’Iroise parfois déchaînée, les habitants, commerçants, gens de mer, simples riverains, ne peuvent s’expliquer les ultimes actes fous de Pascal Gosselin.

Dans la nuit de mardi à mercredi, cet ancien artisan maçon de 51 ans à la réputation étrange a provoqué une série d’incendies dans différents secteurs de l’île avant de se donner la mort.

Tout commence vers 4 heures du matin quand le premier feu se déclare. Dans sa propre maison, celle qu’il loue depuis des années et dont il doit être expulsé dans la journée de mercredi, à cause d’impayés.

Les flammes se propagent très vite aux habitations alentour. C’est l’explosion d’une bonbonne de gaz qui entraîne l’alerte des secours. Mais, au moment où les pompiers, venus en renfort du continent pour la plupart, luttent contre l’incendie, un second feu se déclare plus loin, dans un autre lieu-dit de l’île.

La piste criminelle se dessine. Plus de 30 gendarmes sont mobilisés, de même que le GIPN et un hélicoptère de la Sécurité civile.

Chasse à l’homme

Au matin, peu après 7 heures, le central téléphonique de l’île s’enflamme à son tour et prive les Ouessantins de l’usage de leurs portables et de toute connexion à Internet. Un peu plus tard, alors que commence une chasse à l’homme, c’est l’écomusée du Niou, propriété du Parc naturel régional d’Armorique — avec lequel Pascal Gosselin a eu des différents — qui s’embrase.

Deux bâtisses de pierres typiques de l’île, qui abritent des costumes régionaux, des documents précieux et symbolisent la mémoire des habitants, partent en fumée.

La suite, les habitants la liront dans « le Télégramme » : le pyromane a terminé sa délirante cavale dans une crique. Il y a été retrouvé assis sur le sable, adossé à un rocher, écouteurs sur les oreilles. L’homme s’est taillé les veines et poignardé lui-même.

Pascal Gosselin n’en était pas à son premier coup de folie. En février, il avait braqué l’unique banque du bourg et agressé violemment la guichetière. Pour ces faits, il avait été condamné par le tribunal de Brest à dix-huit mois de prison ferme et cinq ans d’interdiction de séjour sur l’île.

« Comme il avait interjeté appel, la peine n’était pas immédiatement exécutoire », a précisé le procureur de la République. Le quinquagénaire avait donc le droit de séjourner sur l’île.

Un homme qui vivait isolé, presque reclus

Installé à Ouessant depuis 2000, ce géant de presque deux mètres vivait «isolé, avec ses chiens, presque reclus, et ce depuis un certain temps». Il était considéré comme «très fragile psychologiquement». Surtout depuis que des problèmes de dos l’empêchaient d’exercer son activité professionnelle.

L’an passé, il était tombé dans le viseur des gendarmes, qui enquêtaient sur la mort suspecte de deux Ouessantines retrouvées au pied d’une falaise. Faute d’éléments, la piste criminelle n’avait pu être déterminée, et son implication potentielle avait été écartée.

Sur l’île, aujourd’hui, la funeste tornade Gosselin a causé bien des dégâts matériels mais aussi le désarroi, car les Ouessantins ne comprennent toujours pas ce que certains ont qualifié de « suicide social ». Cette longue descente aux enfers «aurait très bien pu se solder par un départ de l’île, d’autant qu’il n’avait pas de famille ici…

Mais il a choisi cette terrible solution», commente sobrement un habitant. Partagés entre une forme de soulagement après ces moments de terreur et des mois de haute tension, et la colère de voir leur écomusée, symbole du patrimoine insulaire, réduit à néant, certains habitants reconnaissent aujourd’hui la détresse d’un homme

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