🇫🇷 Affaire Benalla : Gérard Collomb estime que ce n’était pas à lui de saisir la justice.

par Y.C.
Gérard Collomb a été entendu par la commission d'enquête parlementaire à l'Assemblée Nationale. (capture écran LCP)

Gérard Collomb était entendu ce lundi matin par la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée Nationale. Dans ses déclarations, le ministre d’État a remis une grande part de responsabilité sur le Préfet de Police Michel Delpuech et sur le chef du cabinet du Président, Patrick Strzoda.

Le ministre de l’Intérieur a d’abord pris la parole durant une dizaine de minutes où il est revenu longuement sur l’affaire Alexandre Benalla, ce désormais ex-collaborateur d’Emmanuel Macron, filmé le 1er mai dernier lors d’une manifestation et utilisant la force et la violence envers des manifestants, alors qu’il portait un casque de la police nationale.

Gérard Collomb a avoué avoir eu connaissance d’une vidéo montrant les faits d’Alexandre Benalla, le 2 mai dans l’après-midi, par l’intermédiaire de son chef de cabinet. Le cabinet du président de la République a été mis au courant immédiatement selon le ministre d’État.

M. Benalla ne faisant pas partie de la police, Gérard Collomb a expliqué avoir «considéré que les faits ne concernaient plus le ministère».

« Il leur appartenait donc d’agir »

« La responsabilité d’un ministre, c’est de veiller à ce que chaque événement soit pris en compte par les services concernés, sans jamais se substituer aux fonctionnaires en responsabilité » a-t-il déclaré.

« Je m’étais assuré le 2 mai que le cabinet du président et la préfecture du police avaient été destinataires de l’information. Il leur appartenait donc d’agir. Ce n’est qu’après la parution d’un article dans Le Monde apportant des éléments nouveaux que je considère qu’il est nécessaire d’en savoir plus. » a déclaré le ministre de l’Intérieur.

Sur la question à savoir si Gérard Collomb était informé à l’avance, de la présence le 1er mai d’Alexandre Benalla, le ministre de l’Intérieur a répondu que lors de la présence d’observateurs : « la demande est faite au préfet ou au DDSP responsable de l’opération. On équipe la personne avec un casque et un chasuble. »

M. Collomb affirme qu’il ne savait pas que M. Benalla était un conseiller d’Emmanuel Macron

« Je n’ai jamais été informé de la présence de monsieur Benalla, je n’ai constaté qu’a posteriori que ces deux observateurs étaient là et qu’ils se sont rendus sans autorisation dans la salle de commandement, où je me suis rendu au cours de la journée avec le préfet. » a-t-il ajouté.

Par ailleurs Gérard Collomb a affirmé qu’il ne savait pas qu’Alexandre Benalla était un conseiller d’Emmanuel Macron, mais a déclaré l’avoir rencontré à plusieurs reprises mais sans le connaître vraiment.

Le grade de Lieutenant-Colonel de M. Benalla

Sur la question du grade de lieutenant-colonel de réserve d’Alexandre Benalla, Gérard Collomb a expliqué qu’il existait deux réserves : « une opérationnelle et une spécialisée ». « M. Benalla a été recruté le 25 juin 2009 en qualité de réserviste opérationnel. Il a passé 6 ans dans le département de l’Eure et a terminé brigadier. Radié en novembre 2007 à sa demande, M. Benalla a intégré la réserve spécialisée au titre de son expertise en matière de sécurité et un nouveau grade lui a été conféré. »

« Je n’ai jamais évoqué au cours des réunions que nous avons avec le président de la République le cas de monsieur Benalla », a par ailleurs affirmé Gérard Collomb.

« Mes services n’ont jamais équipé ce véhicule »

Le député Eric Ciotti (LR) a ensuite interrogé le ministre de l’Intérieur sur les dispositifs Police installés sur la voiture d’Alexandre Benalla. Gérard Collomb a répondu ne pas être en mesure « d’indiquer comment M. Benalla a pu disposer d’un véhicule avec de tels équipements ». « Mes services n’ont jamais équipé ce véhicule » a-t-il insisté.

Le Préfet de police de Paris Michel Delpuech sera entendu à son tour cet après-midi par la commission d’enquête parlementaire.

Actu17.