Ain : 5 ans de prison pour le chauffard qui avait percuté un gendarme, désormais amputé d’une jambe


L'adjudant Pascal Guldenfels avait été percuté par un chauffard à moto le 18 avril 2018. Il a été amputé d'une jambe. (captures écran vidéo Gendarmerie de l'Ain)

Le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bress (Ain) a condamné Didier Hamza Poncet, 20 ans, à 5 ans de prison ferme ce mardi, pour avoir violemment percuté un gendarme qui lui demandait de s’arrêter pour un contrôle. La victime avait du être amputée d’une jambe.

Les faits s’étaient déroulés le 18 avril 2018 dans l’après-midi. Deux gendarmes effectuaient un contrôle routier sur la D904 à la sortie d’Artemare (Ain) et étaient en train de procéder à la verbalisation d’un automobiliste, lorsqu’ils ont entendu un homme à moto arriver à pleine vitesse. L’un des militaires, l’adjudant Pascal Guldenfels, s’est positionné sur la ligne médiane afin d’effectuer les gestes réglementaires et indiquer au chauffard de s’arrêter.

Mais ce dernier a refusé le contrôle et a percuté très violemment le gendarme qui venait de se retirer de la trajectoire du deux-roues. Projeté à plusieurs mètres, le militaire a eu la jambe droite arrachée, l’autre disloquée, alors que le chauffard a poursuivi sa route. Son collègue, l’adjudant Jean-Baptiste Chaplin, a effectué un point de compression pour éviter que la victime ne perde trop de sang et a donné rapidement l’alerte.

L’adjudant Pascal Guldenfels a été évacué en hélicoptère à l’hôpital, à Lyon. Il a été amputé d’une jambe et a subi de nombreuses opérations pour garder la seconde explique France 3.

Le chauffard a accéléré jusqu’à 130 km/h

L’auteur des faits, Didier Hamza Poncet âgé de 19 ans au moment des faits, a été interpellé le lendemain. L’homme a d’abord tenté de dissimuler sa moto, une Yamaha R6 (600 cm3) débridée, avant de se livrer à la gendarmerie face à la demande de ses proches.


L’enquête a permis de déterminer qu’il avait accéléré devant le gendarme qui lui demandait de s’arrêter, atteignant la vitesse de 130 km/h.

Déjà condamné en 2017 pour des faits similaires

Didier Hamza Poncet avait déjà été condamné en décembre 2017 à 4 mois de prison avec sursis et révocation d’un sursis antérieur pour un « refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger d’autrui et conduite d’un véhicule à moteur malgré la suspension du permis de conduire », indique L’Essor. Le 18 avril 2018, il conduisait sans permis de conduire en état de récidive légale, mais également sans assurance.

A la barre, le prévenu a d’abord prononcé des excuses : « Je culpabilise pour la victime et son entourage, je m’en veux », précisant qu’il pense à la victime « tous les jours » en prison. Des déclarations qui n’ont pas convaincu l’épouse de la victime, Corinne, qui a qualifié ses propos de « pseudo-excuses ».

Le président du tribunal a rappelé que le prévenu avait déjà tenté d’échapper aux forces de l’ordre sur son scooter boosté, à l’adolescence. « J’étais immature, sans conscience des risques », a aussi déclaré le prévenu au cours de l’audience au sujet de son acte l’an passé.

 

Un procès en correctionnel et non devant les assises

Durant sa plaidoirie, l’avocate du prévenu a remercié la famille de la victime qui a accepté que le procès se déroule devant un tribunal correctionnel et non devant une cour d’assises, comme cela aurait du être le cas. L’épouse de l’adjudant a indiqué que leur volonté était de « passer rapidement à autre chose » afin que son mari puisse se reconstruire au plus vite.

La procureure a requis 7 années d’emprisonnement à l’encontre du jeune majeur. Le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bress l’a condamné à 5 ans de prison ferme ainsi qu’à une interdiction de repasser le permis de conduire durant 5 années. A noter que Didier Hamza Poncet a déjà passé 15 mois derrière les barreaux depuis son déferrement.