🇫🇷 #Aisne Un chauffard percute son véhicule, elle perd le bébé qu’elle attendait. Elle demande justice.

Cécile Carré est une femme brisée. Le 2 juin, un chauffard a fait basculer la vie de sa famille. Enceinte de cinq mois, elle a perdu le bébé qu'elle et son conjoint, Christophe, attendaient et voulaient prénommer Julie. (capture écran France 3)

La future mère a perdu son bébé après un accident de la route. Elle a porté plainte contre le chauffard.

Cécile Carré est une femme brisée. Le 2 juin, un chauffard a fait basculer la vie de sa famille. Enceinte de cinq mois, elle a perdu le bébé qu’elle et son conjoint, Christophe, attendaient et voulaient prénommer Julie raconte Le Parisien. Le couple a porté plainte pour coups et blessures involontaires, abus d’alcool et homicide involontaire.

La petite Julie a été incinérée et ses parents ont décidé de se battre. Cécile a lancé une pétition sur Change.org car elle estime que «tuer un enfant à naître est un homicide».

Dimanche matin, plus de 21 000 signatures avaient été enregistrées. Le texte sera adressé au procureur de la République, au président de la République et à la Cour de cassation. Cette dernière a une jurisprudence constante sur le sujet et ne reconnaît pas d’homicide involontaire dans ce cas.

Le soir de l’accident, tout allait bien…

La voix de Cécile, 26 ans, une habitante de Saint-Quentin, dans l’Aisne, tressaille lorsqu’elle raconte son drame : «Notre petite famille allait faire des achats pour notre fille à naître. Il était 17 heures. Nous avons pris la route à double sens vers Omissy. Un chauffard qui arrivait en face roulait à toute vitesse.

Il a perdu le contrôle de son véhicule. Il a poursuivi son chemin dans les champs et est revenu sur la route. J’ai freiné, mon conjoint a donné un coup de volant sur la droite. Nous avons été percutés sur l’avant gauche.»

Cécile, Christophe et leur fils de 2 ans, Grégory, sont pris en charge par les pompiers. Le père et l’enfant sont blessés légèrement. Mais Cécile doit être désincarcérée. Elle souffre d’une fracture du rachis, a des hématomes sur le corps. Une ITT de deux mois lui est prescrite et elle doit porter une minerve pour se protéger d’un AVC. Mais l’essentiel alors, pour elle, est que sa grossesse se poursuive normalement : «On m’a fait une échographie le vendredi soir. Mon bébé de cinq mois allait bien. Nous étions sauvés.»

…le lendemain, tout bascule

Une échographie de contrôle est réalisée le lendemain midi à la demande de Cécile : «Un caillot de sang s’était déposé sur le placenta. Le coeur de ma petite Julie avait cessé de battre. C’était la fin de tout, poursuit-elle, abattue. Dimanche, l’enfer a continué. L’accouchement a été déclenché. A 20h30, je tenais ma petite Julie dans mes bras. Nous sommes restés auprès d’elle jusqu’à minuit. Nous lui avons dit à quel point nous l’aimions. Nous avons des photos d’elle.»

Selon les médecins, la mort est consécutive au traumatisme de l’accident. A sa sortie de l’hôpital, le 5 juin. Cécile doit affronter une autre réalité : aux yeux de la justice, le bébé n’est qu’un foetus de vingt-trois semaines sans existence juridique.

«On m’a pourtant bien donné un certificat de décès pour inscrire mon enfant sur le livret de famille et permettre un enterrement, c’est donc un homicide. Il faut changer la loi, s’emporte Cécile. Le chauffard était en excès de vitesse et sous l’emprise de l’alcool. Il s’en est sorti indemne et est rentré chez lui le soir même. Les gendarmes nous ont dit qu’on avait une chance extraordinaire d’être là tous les trois.»

Lire la suite : bit.ly/2tBv…