🇫🇷 Alexandre Benalla livre une longue interview et accuse Alain Gibelin (DOPC) d’avoir menti.

par Y.C.

Alexandre Benalla a été longuement interrogé par le journal Le Monde. Une interview qui est parue ce jeudi, où le désormais ex-collaborateur d’Emmanuel Macron revient sur de nombreux points de cette tumultueuse affaire toujours en cours.

L’homme dénonce « une volonté d’atteindre le président de la République, c’est sûr et certain », dans une interview au Monde.

« Je ne dis pas que j’ai servi de fusible, je dis juste que ça a servi plusieurs intérêts, un intérêt pour atteindre le président de la République, à un moment pas mal pour lui, une bonne séquence » a-t-il ajouté.

Concernant son action le 1er mai, Alexandre Benalla a exprimé des regrets. « Moi, je n’ai pas le sentiment d’avoir trahi le président de la République, j’ai le sentiment d’avoir fait une grosse bêtise. Et d’avoir commis une faute. Mais cette faute, elle est plus d’un point de vue politique : je n’aurais jamais dû aller sur cette manifestation en tant qu’observateur, puis j’aurais, peut-être, dû rester en retrait »

« Au bout d’un an, il y a des inimitiés qui se créent, il y a des gens qui ne supportent pas que vous ne fassiez pas partie du club, que vous ne soyez pas énarque, sous-préfet… Je pense que si j’avais eu un tel statut et qu’il s’était passé ce qui s’est passé le 1er mai, les choses auraient été différentes » a déclaré l’ancien chargé de mission de l’Elysée.

Alain Gibelin mis en cause

Alexandre Benalla met en cause directement les déclarations d’Alain Gibelin, le directeur de la DOPC, lors de son audition face à la commission d’enquête parlementaire. « Il dit qu’il n’a appris que le 2 mai que j’étais présent à la manifestation la veille. Ce n’est pas vrai. On a déjeuné quelques jours avant avec le général Bio-Farina (commandant militaire du Palais de l’Elysée, NDLR) au 2 rue de l’Elysée (…). A la fin de ce déjeuner, il m’a demandé si je venais toujours le 1er mai et si j’avais reçu l’équipement que je devais recevoir ».

Gerard Collomb connaissait-il Alexandre Benalla ? Le ministre a affirmé que non. L’ex-collaborateur est revenu sur ce fait. « Il me tutoie, il me vouvoie, il alterne, mais là, en l’occurrence, il me tutoie. Gérard Collomb m’identifie visuellement, il sait que je travaille à la présidence de la République. Je peux le croiser deux, trois, quatre fois par semaine sur des déplacements ou quand il vient à la présidence. Alors, est-ce qu’on se connaît ? Visuellement, oui. Est-ce qu’il sait qui je suis et ce que je fais exactement ? Je n’en suis pas sûr. »

L’ex-chargé de mission de L’Elysée répond également aux syndicats de police qui l’ont critiqué. « Les syndicats de police ne disent que des conneries, ils ont trouvé le moyen d’exister alors qu’ils sont très affaiblis au sein de la police nationale. Ça ne me touche pas. »

M. Benalla affirme qu’on lui a proposé les images de vidéosurveillance du 1er mai

Concernant la vidéo que la justice lui reproche d’avoir récupéré. Alexandre Benalla détaille ce qu’il s’est passé. « Moi, je ne l’ai pas demandée. Après la publication de l’article du Monde sur Internet, je reçois un appel vers 22 heures de quelqu’un à la préfecture de police, dont je ne citerai pas le nom : « Alexandre, on a la vidéo du gars et de la fille en train de jeter des projectiles sur les CRS, est-ce que tu la veux pour te défendre ? » Bien sûr que ça m’intéresse, si on peut prouver que les gens en face ne sont pas de simples passants mais des casseurs. Je ne sais pas d’où viennent ces images. Je suis en train de dîner dans un restaurant près du palais et quelqu’un vient me donner un CD. Il n’y a rien écrit dessus, ni « préfecture de police », ni « vidéosurveillance ». Ce CD, je ne le regarde pas et je le remets à l’Elysée à un conseiller communication. Ces images n’ont pas été diffusées. »

Interrogé à savoir ce que l’Élysée a fait de cette vidéo, il répond. « Je crois qu’ils ont essayé de la diffuser et de la fournir à des gens, pour montrer la réalité des faits. »

Actu17.