Ariège : Un homme condamné à la perpétuité pour avoir tué un gendarme


Un hommage avait été rendu au major Christian Rusig, près d'un an après sa mort, le 28 novembre 2017 à Tarascon (Ariège). (photo préfecture)

Loïc Gekiere a été condamné à la perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de vingt ans, pour avoir fauché et tué un gendarme le 27 novembre 2016.


Les faits s’étaient déroulés lors d’un contrôle routier, un soir de novembre 2016 à Tarascon-sur-Ariège, en Ariège. Le major Christian Rusig avait demandé au conducteur d’une voiture, Loïc Gékière, de s’arrêter. Ce dernier avait refusé, percutant le gendarme et le trainant sur plusieurs mètres.

Le major Christian Rusig qui était à un mois de la retraite, n’avait pas survécu à ses blessures et était décédé quelques jours après à l’hôpital.

Déjà condamné à 27 reprises par la justice, Loïc Gékière était interdit de séjour en Ariège au moment du drame et avait déjà été condamné plusieurs fois pour ne pas avoir respecté cette interdiction. « Je vous avais prévenu. Ce soir, c’était lui ou moi », avait-il déclaré à un gendarme au moment de son interpellation, peu après les faits.

« Il savait parfaitement ce qu’il faisait »

L’accusé était jugé depuis lundi devant les assises d’Ariège pour « meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique ». « Il savait parfaitement ce qu’il faisait. (…) Je suis sûr que Loïc Gekiere a vraiment dirigé son véhicule sur le major Rusig, pour le tuer et pour assurer sa fuite », a déclaré l’avocat général Laurent Dumaine durant le procès.

« Il n’était armé, à ce moment-là, que de sa lampe-torche », a-t-il ajouté au sujet du gendarme, Christian Rusig.

L’accusé a affirmé ne pas avoir vu le gendarme

Le magistrat avait requis jeudi la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de l’accusé, affirmant que Loïc Gékière avait délibérément fauché et tué le gendarme. Pour sa défense, l’accusé a indiqué ne pas avoir vu ni entendu la victime.

« Tout se passe très vite, quelques secondes à peine. Quand il fait son tête-à-queue, il ne peut pas voir le major Rusig, qui est masqué par le véhicule de gendarmerie. Quand il redémarre, il ne peut pas le voir non plus », a plaidé son avocate, Me Meriem Mendil.

Une peine de sûreté de 20 ans

Au terme de trois heures de délibéré, Loïc Gekiere, 33 ans, a été condamné ce vendredi par la cour d’assises de l’Ariège à la prison à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 20 ans. En outre, il devra avoir un suivi socio-judiciaire de cinq ans au moment de sa libération et a écopé d’une privation de 10 ans de ses droits civiques.

L’homme a désormais dix jours pour faire appel de l’arrêt de la cour d’assises.

L’ex-compagne de Loïc Gekiere, qui l’accompagnait le soir du drame, a quant à elle été acquittée.