Assassinat de Kévin à Mourmelon : la commanditaire présumée remise en liberté suite à un vice de procédure


Kevin a été assassiné à coups de couteau dans un parc à Mourmelon-le-Grand, le 2 juin 2018. (photo Facebook)

Soupçonnée d’avoir organisé l’assassinat de Kevin, 17 ans, à Mourmelon-le-Grand (Marne) en juin 2018, une jeune femme a été remise en liberté suite à un vice de procédure. La mère de la victime s’est dite abasourdie par cette décision.

Kevin a été tué à coups de couteau dans le parc du bois des Sœurs de Mourmelon-le-Grand, le 2 juin 2018. La victime était accompagnée d’une jeune fille de 17 ans lorsqu’il a été tué. Cette dernière lui avait donné rendez-vous et aurait organisé son assassinat.

Lors du rendez-vous, un homme armé d’un couteau a subitement surgi et a poignardé Kevin « une vingtaine de fois » avait indiqué le procureur de la République peu après les faits, « dont deux coups mortels aux poumons ».

Une fausse histoire et un assassinat bien organisé

Peu après, la jeune fille avait fait une fausse déclaration, évoquant le vol de son sac à main qui a mal tourné et donnant une fausse description de l’auteur des faits aux gendarmes « pour brouiller les pistes ».

Le tueur présumé, Adrien P., avait été interpellé tout comme la jeune fille après le début de l’enquête. « Il a indiqué aux enquêteurs avoir prémédité, préparé et organisé le meurtre de la victime avec la complicité active de la jeune fille. Il soutenait que trois à quatre jours avant les faits, ils avaient imaginé ensemble le projet suivant : la jeune fille devait donner rendez-vous à la victime dans ce bois », avait expliqué le procureur.


La jeune fille n’avait pas supporté le souhait de Kevin de mettre fin à leur relation amoureuse selon des sources concordantes.

Placée en détention provisoire depuis sa mise en examen, tout comme l’auteur présumé des coups de couteau, la jeune fille a été remise en liberté ce 13 juin après une erreur de procédure. Après 12 mois de détention, la mesure peut être prolongée de 6 mois. Pour cela, il est nécessaire que le juge des libertés et de la détention (JLD) entende le détenu accompagné de son avocat. Une audience qui a bien eu lieu. Le JLD a alors décidé de prolonger, sans surprise, la mesure de détention provisoire des deux suspects.

L’avocat de la suspecte n’avait pas le dossier complet lors de l’audience

Problème : l’audience a eu lieu en visioconférence et l’avocat qui n’est donc pas dans le même bureau que le JLD, doit avoir en sa possession « une copie de l’intégralité du dossier ». Ce qui n’a pas été le cas. L’erreur a amené l’avocat de la jeune fille à réclamer la libération de sa cliente, la mesure de prolongation de sa détention étant caduque. L’avocat du tueur présumé n’a pas fait cette demande.

Une décision qui n’influe pas sur l’instruction qui est toujours en cours. « J’ai assuré à la famille de Kévin que nous ferons en sorte que ce dossier se clôture rapidement sans rien bâcler pour la fin 2019 », a affirmé le procureur de la République de Reims Matthieu Bourrette lors d’un point presse ce jeudi soir. Le parquet général va toutefois se pourvoir en cassation contre cette décision.

« Merci la justice, merci la greffière, merci le juge d’instruction »

La libération de la mise en cause est difficile à accepter pour la famille de Kevin alors qu’elle intervient un peu plus d’un an après la mort du jeune homme de 17 ans. « Elle va pouvoir fêter la fête des pères dimanche, nous on ira au cimetière. Voilà l’état d’esprit dans lequel on est. Merci la justice, merci la greffière, merci le juge d’instruction », a réagi Angélique, la mère de Kevin, au micro de France 3.

« Je vais me battre. Ils finiront par payer, ça c’est sûr, et le plus cher possible. Même si elle est sortie aujourd’hui, c’est reculer pour mieux sauter. Comme disait l’avocat général ce matin, elle ne voulait pas perdre quinze ans de sa vie, mais c’est la perpétuité qui l’attend. Et ça, je vais me battre jusqu’au bout pour qu’elle l’ait », a-t-elle ajouté.