🇧🇪 Belgique : Les services de renseignement s’inquiètent d’une menace terroriste persistante.

par Y.C.
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La menace terroriste est toujours bien présente en Belgique. Le risque de radicalisation en prison et celui de récidive des condamnés pour terrorisme sont également pointés du doigt dans un rapport des services de renseignement.

Le service civil de renseignement en Belgique, la sûreté de l’État, a publié un rapport d’activité 2017-2018. Il s’agit d’une nouvelle démarche, saluée par les médias belges qui évoquent une « petite révolution ».

La radicalisation en prison

Le sujet des prisons est largement abordé par le rapport. Des prisons qui « abritent aujourd’hui une population de détenus incarcérés pour terrorisme d’une importance jamais égalée auparavant ». Le service de renseignement belge évoque un risque de « contagion » des idées radicales « plus considérables que jamais ».

« Compte tenu de la tendance actuelle et persistante à la récidive chez les anciens détenus incarcérés pour terrorisme, sans parler des prisonniers radicalisés +ordinaires+, la Belgique devra encore faire face pendant un certain temps à une menace terroriste latente » précise ce même rapport.

Des détenus radicalisés bientôt remis en liberté

« Nombreux sont les individus condamnés en Belgique entre 2001 et 2011 dans des affaires de terrorisme et qui récidivent en tant qu’extrémistes islamistes ou que terroristes » ajoutent les auteurs qui présentent le conflit syrien comme un « catalyseur » du phénomène de radicalisation des détenus.

Ceux qui seront remis en liberté d’ici « 3 à 5 ans », « sont susceptibles d’entraîner une nouvelle vague d’extrémisme, voire de jihadisme dans notre pays ».

400 départs vers la Syrie depuis 2012

La Belgique a été l’un des tout premiers pourvoyeurs de combattants étrangers à se rendre en Syrie pour faire le djihad, si l’on tient compte de la proportion de sa population. « Depuis 2012, plus de 400 » départs ont été recensés.

Parmi eux, beaucoup sont morts mais un tiers est revenu en Belgique. « Environ 150 » seraient encore « actifs sur place » ; un nombre resté « étonnamment stable depuis 2016 ». Par ailleurs, « l’implosion du califat n’a pas entraîné un retour massif » des djihadistes indique le rapport.

Autre point évoqué, l’enseignement à domicile (EAD), présenté comme un vecteur de radicalisation. « Près de 20% de parents élèves inscrits dans l’EAD seraient liés à des groupes extrémistes », ce qui est « une menace potentielle à prendre au sérieux au vu de la fragilité du public-cible ».

En mai dernier, un attentat à Liège avait fait 3 morts, dont 2 policières. Le terroriste avait été abattu par la police. Le 22 mars 2016, 32 personnes avaient été tuées à Bruxelles dans des attaques suicides, menées par une cellule à l’origine des attentats du 13 novembre à Paris.