🇫🇷 Blocages du 17 novembre : Le ministère de l’Intérieur met en garde les policiers.

par Y.C.

Une grande journée de mobilisation nationale aura lieu ce samedi 17 novembre partout en France. Les « gilets jaunes » ont prévu de réaliser des blocages partout en France, afin de protester notamment contre l’augmentation du coût de l’essence. A cette occasion, le Directeur général de la police nationale Eric Morvan a transmis un télégramme à ses principaux responsables et rappelle aux policiers des règles à respecter.

Dans ce télégramme daté du 9 novembre dernier consulté par 20 minutes, Eric Morvan rappelle que « la liberté d’expression est un droit fondamental ouvert à tous les citoyens dans le respect des lois ». « Mais son exercice est encadré pour les agents publics et en particulier pour les policiers » a-t-il écrit.

Les policiers « ne peuvent s’associer à un rassemblement ou à une manifestation, quel que soit leur objet ou leurs modalités, en service, en tenue d’uniforme, armés ou en utilisant des matériels, des équipements ou des véhicules de service » a ajouté le DGPN, précisant que « les valeurs de neutralité et le devoir de réserve seront clairement rappelés pour éviter tout comportement qui pourrait nuire à l’image des policiers et finalement au respect qui leur est du ».

Des rappels qui font suite à la position de deux collectifs et d’un syndicat de policiers. Le 29 octobre, l’UPNI (Union des Policiers Nationaux Indépendants) a en effet appelé les policiers, dans un message diffusé sur son site internet, a distribuer des flyers aux automobilistes et aux manifestants, pour montrer leur « solidarité face à cette colère citoyenne légitime ».

De son côté l’association MPC (« Mobilisation des Policiers en Colère ») a appelé les policiers à placer sur leur tableau de bord leurs gilets jaunes siglés « police », « en signe de ralliement à ce mouvement de contestation ». « Nous sommes citoyens avant d’être policiers ! » a écrit l’association.

Le syndicat Unité SGP-FO a pour sa part appelé ses adhérents à une « grève des PV » le 17 novembre, afin de s’associer à cette mobilisation citoyenne. « Beaucoup d’entre-eux nous ont expliqué qu’ils étaient impactés par la hausse des prix du carburant et nous ont demandé de réagir » a déclaré Eddy Sid, délégué du syndicat de policiers.

Alliance Police Nationale, syndicat majoritaire dans le corps des gardiens de la paix, dénonce de son côté « en période d’élections professionnelles », une « récupération syndicale ». « Ce mouvement appartient entièrement à l’ensemble de la population qui est en droit d’exprimer son mécontentement » a écrit le syndicat dans un communiqué.


Emmanuel Macron dit « entendre la colère »

Le ministre de l’Intérieur avait également réagi à la position des organisations de policiers.

« Rien ne peut justifier que l’on refuse d’appliquer la loi » ont écrit Christophe Castaner et Laurent Nunez. Les contraventions « ne sont pas une collecte d’impôt mais un moyen de protéger les automobilistes, les piétons, les cyclistes, les personnes en situation de handicap qui ont besoin de stationner leur véhicule ».

Ce mercredi soir, Emmanuel Macron a déclaré lors d’un entretien diffusé en direct du porte-avion Charles-de-Gaulle, « entendre la colère » et a appelé à faire preuve de « méfiance » face aux risques de spéculations politiques. « Je dis méfiance : parce qu’il y a beaucoup de gens qui veulent récupérer ce mouvement, beaucoup de partis politiques ».