🇫🇷 Budget de l’armée : «Mon grand-père travaillait sur le même véhicule que moi il y a 30 ans» raconte un soldat.

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Le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a démissionné mercredi 19 juillet à la suite d’un désaccord avec le président de la République. Emmanuel Macron demande en effet à l’armée de faire 850 millions d’euros d’économies cette année, ce que n’acceptait pas le général de Villiers raconte franceinfo.

Des soldats témoignent anonymement de leurs conditions de travail rendues difficiles du fait du manque de moyens.

« On ne peut pas vraiment se battre avec ça »

Pendant presque un an, l’un d’eux a patrouillé pour l’opération Sentinelle. C’est un soldat pourtant aguerri mais il n’était pas très rassuré avec son gilet pare-éclats, bien moins efficace qu’un gilet pare-balles. « Une grande majorité des militaires de l’opération Sentinelle ont des gilets pare-éclats donc ils ont quand même une plaque balistique qui protègent de certains calibres mais ce sont des gilets pare-balles qui sont pas faits pour se déplacer.

C’est pour tenir un poste fixe, on ne peut pas vraiment se battre avec ça », explique le militaire. « En opération Sentinelle, si on doit intervenir sur une attaque, on est un peu comme des playmobils avec ce genre de gilets pare-balles. »

Des véhicules qui ont entre 30 et 35 ans

Un autre militaire, sous-officier et cadre dans l’armée de terre, raconte qu’il est lui-même parti avec ce genre de gilets en opération extérieure au Mali, pour affronter les jihadistes. Sur place, il a aussi découvert des véhicules de l’armée plus que poussiéreux. « Actuellement, on a des véhicules qui ont entre 30 et 35 ans d’utilisation. Quand les prochains arriveront, on aura 40 voire 45 ans d’utilisation. Ça devient problématique », assure-t-il.

« Je suis de la nouvelle génération, j’ai huit ans de service. Il faut savoir que mon grand-père travaillait sur le même véhicule il y a trente ans. »
Un militaire de l’armée de terre à franceinfo

Selon lui, la sécurité des soldats est en jeu à cause de ce manque de moyens. « Par exemple, le moteur va casser en plein milieu du Sahel, on va perdre une roue, les roues vont se crever, il y a plein de choses qui vont faire que le véhicule va être mal en point », liste le militaire.

« La maintenance derrière ne suit pas et tout ça c’est problématique. Ça met en danger les troupes. » Il explique que sur certains mandats, il n’y a plus de véhicules de patrouille disponible parce qu’il manque des pièces. « On ne peut pas partir en patrouille ou on part avec des véhicules non protégés. Ça reste un peu compliqué. »

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