Cergy : Une cinquantaine de policiers se sont rassemblés pour protester contre la condamnation de leurs collègues


Illustration. (Adobe Stock)

Une cinquantaine de policiers se sont rassemblés ce mercredi en début d’après-midi, devant le commissariat de Cergy (Val-d’Oise), pour protester contre le jugement rendu à l’encontre de deux de leurs collègues la veille.

Le tribunal correctionnel de Pontoise a condamné deux policiers pour des violences sur un étudiant de 22 ans qui avait été interpellé dans la nuit du 4 au 5 mai 2017, à Cergy. Ce dernier avait déposé plainte, affirmant avoir été « passé à tabac » par les policiers.

Pierre B. avait été interpellé alors qu’il était en train de rouler un joint à côté de ses amis. Les policiers avaient expliqué que le jeune homme s’était opposé à son interpellation, portant une gifle à l’un des fonctionnaires. Quinze jours plus tard, Pierre B. avait déposé plainte auprès du parquet, qui avait réclamé l’ouverture d’une enquête confiée à l’IGPN. Le plaignant avait fourni un certificat médical mentionnant 3 jours d’ITT (Incapacité totale de travail).

6 mois de prison avec sursis et 10 mois d’interdiction d’exercer

Le tribunal correctionnel de Pontoise a condamné ce mardi les deux policiers à 6 mois de prison avec sursis, ainsi qu’à une interdiction d’exercer leur métier durant 10 mois ce mardi, une décision rare. Les fonctionnaires devront également verser chacun 1500 euros d’indemnités provisoires à l’étudiant, dans l’attente d’une expertise qui doit fixer les dommages et intérêts. Les deux policiers ont décidé de faire appel de cette décision, ils ne sont donc pour l’heure pas suspendus.

L’avocat des deux policiers, Me Caty Richard a évoqué « une décision profondément injuste ». « Il s’agit du lynchage judiciaire de deux policiers innocents qui n’ont jamais démérité et qui consacraient leur énergie, leur vie au service des citoyens et à la sécurité publique », a-t-elle aussi expliqué.


« C’est une véritable injustice. Ils ont juste fait leur travail. »

Une cinquantaine de policiers se sont rassemblés devant le commissariat de Cergy ce mercredi à 14 heures, afin de protester contre cette décision de justice, qu’ils estiment « injuste ».

« Nous sommes présents pour soutenir nos collègues. C’est une véritable injustice. Ils ont juste fait leur travail », a déclaré l’un d’entre eux, interrogé par Le Parisien. « L’étudiant dit qu’il a été roué de coups, dans la voiture, au commissariat, et il n’a que trois jours d’incapacité ? », s’est interrogé un autre.

« L’étudiant reconnaît la rébellion et la possession de produits stupéfiants, et il n’y a pas de procédure contre lui ? »

Un autre fonctionnaire se demande pourquoi il n’y a aucune procédure à l’encontre du jeune homme interpellé : « L’étudiant reconnaît la rébellion et la possession de produits stupéfiants, et il n’y a pas de procédure contre lui ? Chaque personne interpellée peut alors dénoncer un contrôle, porter plainte. On peut se retrouver devant le tribunal à chaque intervention alors que nous prenons des risques tous les jours ».

« Notre parole n’a plus de valeur, aucune », a affirmé un policier de la BAC, lui aussi présent hier. Le rassemblement s’est conclu par un entretien de près de deux heures entre le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) du Val-d’Oise, Frédéric Lauze, et une délégation de policiers accompagnée des deux représentants syndicaux d’Alliance Police Nationale et de l’Unité SGP-FO, Ludovic Collignon et Franck Lebas. Un échange qualifié de « constructifs » par ces derniers.