Cherif Chekatt a dit avoir «tué des gens» pour venger ses «frères morts en Syrie» après l’attentat de Strasbourg.


(photo Remy Buisine ©)

Cherif Chekatt, l’auteur présumé de l’attentat sanglant de Strasbourg n’a pas agi au hasard. Le récit du chauffeur de taxi qui l’a pris en charge après la tuerie, a détaillé aux enquêteurs ses échanges avec le terroriste.

Dans la voiture, le tueur a parlé. « Tu sais ce que j’ai fait ? J’ai tué des gens ! » a-t-il déclaré au chauffeur de taxi, ajoutant qu’il avait fait ça pour venger ses « frères en Syrie », selon des sources proches de l’enquête citées par France 2.

L’échange s’est poursuivi durant 3 minutes. « La police a perquisitionné chez moi ce matin, ils ont trouvé une grenade » a ajouté Cherif Chekatt durant le court trajet.

Le chauffeur est musulman et pense que c’est ce qui lui a sauvé la vie

Le chauffeur de taxi s’est ensuite rendu au commissariat de Strasbourg. Il a expliqué aux enquêteurs qu’il pensait avoir eu la vie sauve car il est musulman et parce-qu’il y a des signes religieux dans sa voiture, notamment un collier de pierre accroché sur son rétroviseur.

Une impression qui n’est pas forcément la bonne puisque deux des victimes de cet attentat sont musulmanes, un homme qui est décédé et une femme qui est blessée.


Ce témoin important pour la police, a par ailleurs raconté aux enquêteurs que le suspect lui avait montré sa blessure au bras et qu’il connaissait bien les rues de Strasbourg. Le chauffeur de taxi a prétexté une panne de son véhicule pour se « débarrasser » du suspect. Cherif Chekatt a ensuite disparu et reste pour l’heure introuvable.

L’un de ses frères est fiché S, considéré comme un « islamiste fondamentaliste »

Les parents et deux frères de Cherif Chekatt sont toujours en garde à vue. Une mesure de privation de libertés qui peut s’étendre jusqu’à 96 heures en matière de terrorisme.

L’un des deux frères du suspect est bien connu des services de police puisque son nom apparaît à plus de 60 reprises dans le fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ), le fichier des forces de l’ordre.

Suivi par la DGSI

L’homme est lui aussi fiché S et suivi par la DGSI. Il est présenté par les services de renseignement comme un « militant islamiste fondamentaliste » selon Le Point.

Cherif Chekatt est pour sa part fiché S et inscrit au FSPRT. Il a déjà été condamné 27 fois en France et en Allemagne. Il apparaît lui aussi au TAJ, à 67 reprises. Sa traque se poursuit.