🇫🇷 La codéine a tué son fils : « Même la première prise peut être fatale »

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De plus en plus d’adolescents consomment des cocktails à base de codéine, détournée en drogue, ignorant qu’ils peuvent entraîner la mort par overdose. C’est ce qui est arrivé à Ronan, 17 ans relate L’Express.

La codéine, un anti-douleur de la même famille que l’opium, était jusqu’ici disponible en vente libre sous forme de sirops et en comprimés, si la dose ne dépassait pas 30 mg par comprimé. La semaine dernière, la ministre de la Santé a décidé de rendre l’ordonnance obligatoire pour tous les médicaments. Objectif: « Mettre un terme à des pratiques addictives dangereuses et potentiellement mortelles. »

Car de plus en plus d’adolescents, qui recherchent des sensations de défonce, consomment des cocktails à base de codéine, ignorant les conséquences d’une surconsommation qui peut entraîner la mort par overdose. Depuis le début de l’année, cinq cas d’intoxication ont ainsi été répertoriés, dont deux décès. C’est le cas de Ronan, un adolescent de 17 ans. Sa maman, Catherine, témoigne auprès de L’Express.

Ronan, le dernier de nos cinq enfants, est décédé le dimanche 30 octobre 2016. Et ma vie a basculé. Il avait 17 ans et a succombé à une overdose de codéine. Le drame s’est déroulé dans un village de Haute Saône où nous avons une maison de campagne. Notre fils habitait à Paris avec son frère et sa soeur aînée. On leur avait demandé de surveiller le petit dernier, car un de ses amis, originaire de Haute Saône et décrocheur scolaire, était venu habiter à Paris. Nous pensions que c’était une mauvaise fréquentation.

Le weekend de sa mort, Ronan a retrouvé cet ami en Haute Saône. Ce dernier lui avait demandé d’apporter du sirop pour la toux et des médicaments avec de la codéine. Ronan a pu en acheter dans une pharmacie, tout simplement.

En réalité, il ne devait pas sortir et rester chez ma mère. Mais il a réussi à négocier et a finalement passé la soirée chez son ami. Le dimanche midi, sa grand-mère ne le voyant pas rentrer, s’est rendue chez son copain. Il émergeait. Ronan était, lui, inconscient, quasiment mort dans un lit. Il a fait une overdose. En arrêt cardio-respiratoire, il avait avalé son vomi. Les pompiers se sont battus pendant 4 ou 5 heures pour le sauver. Ils n’ont pas réussi.

Quelques jours après sa mort, les gendarmes nous ont affirmé qu’il n’était pas pensable que notre fils ne soit pas responsable de son ingestion de codéine. Ils nous disaient que le « purple drank » ne touchait pas la campagne, que c’était un truc de la ville.

Ils ont dilués les comprimés dans du Perrier

Les analyses toxicologiques ont pourtant montré que Ronan n’avait bu qu’une bière, mais qu’il avait de la codéine dans son sang. En plus des médicaments qu’il avait achetés à la pharmacie, les gendarmes ont retrouvé à côté du lit des boites d’autres médicaments, plus forts, qui contenaient aussi de la codéine. Mais ceux là étaient vendus sur ordonnance et appartenaient à la mère de son copain. Visiblement, les deux ados les ont dilués dans du Perrier pour faire un cocktail de « purple drank ».

La mort de Ronan a été un choc. C’est un garçon qui avait la tête sur les épaules, il ne se droguait pas. Il était optimiste, d’une intelligence exceptionnelle, il avait deux ans d’avance à l’école et étudiait en deuxième année à Polytech, à Paris. Il était passionné de musique et passait son temps libre à composer.

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