🇫🇷 Commando à Marseille : «Si on s’était permis de les coincer, il y aurait eu de gros dégâts» raconte un policier intervenant.

par Y.C.
Capture écran vidéo témoin.

L’un des policiers qui est intervenu dans le quartier de la Busserine à Marseille ce lundi, lors de la présence du commando d’hommes armés et cagoulés, a livré son témoignage à BFMTV. Il décrit une situation d’impuissance et de véritable danger.

Les policiers sont arrivés au moment où le commando quittait les lieux à bord de plusieurs véhicules, notamment une Renault Mégane RS, cette puissante berline dont la version la plus récente propose une motorisation de 280 chevaux.

Les policiers ont rapidement perdu les malfaiteurs sur l’autoroute. « On avait aucune chance » dit le policier intervenant. Et pour cause, leurs véhicules « ne sont pas adaptés, ils sont trop lourds, avec le matériel qu’on nous a donné ».

« On a pu rouler vers les 100 km/h » raconte le policier, avant d’expliquer qu’ils ont rapidement perdu la trace des auteurs. Certains des véhicules administratifs ont « plus de 100.000 km » au compteur. « Notre hiérarchie le sait, l’État le sait » ajoute le fonctionnaire sous couvert d’anonymat.

« Ils sont restés très longtemps (…) ils ont pris un gros risque, mais ils le savaient et n’ont pas peur de nous »

Le commando avait bien préparé son action selon ce policier qui est intervenu ce lundi. Ils « ne craignent ni la police ni la justice » explique-t-il. « En général, quand ces individus font des règlements de comptes, ou vont dans une cité pour trouver un individu, ils ne restent pas très longtemps. Là, pour la première fois, ils sont restés très longtemps. Ils ont pris un gros risque… mais ils le savaient et n’ont pas eu peur de nous… »

« Si on s’était permis de les coincer (…) des innocents seraient morts »

Le drame n’est pas passé loin lorsque les policiers ont croisé la route du commando, qui prenait la fuite. Les fonctionnaires auraient pu barrer la route aux malfaiteurs, mais le risque était immense.

L’un des auteurs à bord de sa voiture, a braqué sa kalachnikov sur l’un des véhicules de police qui arrivait face à lui. « Si on s’était permis de les coincer ou les bloquer il y aurait eu de gros dégâts. Il faut penser qu’on avait des civils autour, beaucoup de civils et surtout il y avait des enfants (…) Il y aurait eu des innocents qui seraient morts » décrit le policier. « Ils n’auraient pas hésité à nous tirer dessus » ajoute-t-il.

« Bien sûr que j’ai eu peur. Je suis policier, c’est mon métier… mais je suis un être humain, un père de famille. Je me suis demandé si on allait revenir ce soir pour voir nos enfants. » a-t-il avoué.
La différence d’armement a aussi été flagrante pour les policiers, munis de leur arme de poing administrative Sig Sauer de calibre 9mm, mais également d’un fusil d’assaut.

« J’avais un fusil d’assaut (…) je n’en avais qu’un seul. Eux, ils avaient plus qu’une kalachnikov sur eux. »

« Un acte d’intimidation » lié au « narco-banditisme » selon le procureur

Le procureur de la République de Marseille a évoqué ce mardi du « narco-banditisme » et « un acte d’intimidation », affirmant que tout était mis en œuvre pour « mettre la main sur l’ensemble des auteurs des faits ».

Un témoin affirme que le commando a enlevé une personne avant de quitter le quartier de la Busserine. Il s’agirait d’un homme connu pour être un « guetteur », qui a été « pris en chasse » avant d’être « rattrapé » et emmené de force.

Les malfaiteurs équipés de brassards « police » et d’un gyrophare

Par ailleurs, une Renault Mégane et une Renault Mégane RS ont été retrouvées incendiées dans la nuit de lundi à mardi, les enquêteurs tentent de déterminer si il s’agit bien de deux des véhicules des malfaiteurs.

Plusieurs témoins affirment que les auteurs étaient munis de brassard « police » et que l’une de leur voiture était équipée d’un gyrophare.

Actu17.