Coronavirus : Les familles des défunts obligées de payer pour la morgue provisoire dans un entrepôt de Rungis


Illustration. (Adobe Stock)

Mauvaise surprise pour les familles des défunts dont le corps a été amené à la morgue installée dans un entrepôt du marché de Rungis (Val-de-Marne), réquisitionné par la préfecture de police : la facture peut grimper jusqu’à 250 euros. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a réclamé

Le nombre important de décès liés au coronavirus a forcé les autorités à prendre des décisions. C’est dans ce cadre que la préfecture de police de Paris a décidé la semaine dernière de réquisitionner un entrepôt du Marché d’intérêt national (MIN) de Rungis, qui sert actuellement de morgue provisoire, celles des hôpitaux étant saturées.

En plus de devoir surmonter le décès de leur proche, les familles se sont retrouvées à devoir payer des frais lorsque le corps du défunt était transféré à Rungis.

« Le passage du cercueil à Rungis est payant pour les familles. Et ça, ce n’est pas acceptable. On ne peut pas facturer aux familles des frais pour un passage dans un entrepôt à Rungis », a réagi Sandrine Thiefine, présidente du réseau les Pompes funèbres de France, sur le plateau de BFMTV, alors que les premiers cercueils sont arrivés au cours du week-end dans cet entrepôt à Rungis.

159 € d’admission, 55 € pour une salle de repos

Un opérateur funéraire a également été réquisitionné par la préfecture de police, il s’agit du groupe OGF rapporte Le Parisien. L’ensemble des frais perçus sont récupérés par ce dernier qui fixe lui-même les tarifs.

Il y a d’abord 159 euros de frais d’admission à régler. La famille a ensuite six jours pour inhumer le corps. « S’il reste plus longtemps, ce qui arrive car les crématoriums sont débordés actuellement, il faut ajouter 35 euros la journée supplémentaire », explique Sandrine Thiefine au quotidien. 55 euros doivent également être déboursés pour la mise à disposition d’une salle de repos aux proches, s’ils le désirent, le jour du départ du dépositoire.

La présidente du réseau les Pompes funèbres de France précise que le MIN n’a rien à voir avec cette facturation et que l’accès à l’entrepôt est gratuit pour les familles. « Je trouve que ce serait plutôt à l’État de prendre en charge ces frais », estime-t-elle.

Une situation qualifiée d’« anormale » par Christophe Castaner

Interrogé sur ce sujet ce jeudi, devant la mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’épidémie de Covid-19, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé avoir demandé un « contrôle » sur cette morgue provisoire, à propos des tarifs pratiqués par l’opérateur privé qui la gère, en qualifiant dans le même temps la situation d’« anormale ».

« Il me semble anormal que les contraintes liées à la situation de confinement et à des mortalités massives soient imputées financièrement aux familles », a-t-il ajouté.

A noter qu’en ce qui concerne les chambre mortuaires dans les hôpitaux, actuellement saturées, il n’y a aucun frais à débourser pour les familles. Toutefois, les prix pratiqués par OGF sont inférieurs à la moyenne pratiquée dans les chambres funéraires privées indique le quotidien francilien.