Créteil : Elle affirme avoir été rouée de coups par des policiers, la police donne une version différente


Le commissariat de Créteil. (capture écran Google view)

Une femme de 30 ans a déposé plainte contre des policiers à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Elle affirme avoir été passée à tabac par des fonctionnaires le 16 décembre dernier à Créteil (Val-de-Marne). La police donne une version contradictoire des faits.

Que s’est-il exactement passé lors et après l’interpellation d’Oriana, 30 ans ? Cette femme qui habite à Boissy-Saint-Léger affirme qu’elle a été violemment frappée par plusieurs policiers le 16 décembre dernier. Elle a livré son récit au journal Le Parisien.

Oriana raconte qu’elle sortait d’une soirée avec une amie vers 7h30 du matin lorsqu’elle a eu un accrochage avec un autre véhicule, un camion. « On est descendu pour faire un constat et comme on était alcoolisées, l’un des occupants du camion a appelé la police », explique-t-elle.

Les policiers arrivés sur place lui auraient demandé de souffler dans le ballon, pour pouvoir déterminer son alcoolémie. Oriana explique qu’elle n’a pas réussi à souffler correctement. Selon elle, les policiers auraient dû l’emmener au commissariat mais ces derniers se sont énervés et ont commencé « à crier ». « L’un d’eux m’a mis une balayette pour me faire tomber par terre », poursuit la trentenaire.

La jeune femme raconte avoir reçu des coups de plusieurs policiers

Elle affirme qu’elle a donné un coup de pied pour se défendre et que les fonctionnaires l’ont plaquée au sol, face contre terre. Elle a ensuite été menottée alors qu’elle recevait des coups de pied sur le visage et dans le dos selon son récit. Oriana explique que « deux ou trois agents masculins se défoulent sur elle à ce moment-là », tandis que leur collègue féminine restait en retrait.


La plaignante raconte avoir été traînée par les jambes jusqu’au véhicule des policiers en ayant reçu un nouveau coup de pied. L’amie d’Oriana qui se trouvait avec elle, Laura, 27 ans, raconte une version similaire. Elle relate pour sa part avoir tenté de s’interposer et avoir reçu des coups avant d’être menottée et installée dans un camion de police.

Conduite à l’hôpital

Oriana a été « jetée » dans une cellule de dégrisement, où elle a encore reçu « des coups dans le dos ». La trentenaire a ensuite été transportée aux urgences pour y être examinée par un médecin, une mesure appliquée aux personnes retenues dans un commissariat, en garde à vue ou en cellule de dégrisement.

« J’ai deux points de suture derrière la tête, un bout de dent cassé et des bleus partout sur le corps », indique Oriana qui ajoute s’être vu attribuer 7 jours d’Incapacité totale de travail (ITT) ainsi qu’un arrêt de travail jusqu’au 30 décembre.

Les policiers ont déposé plainte

Trois policiers ont déposé plainte dans cette affaire, pour outrage et violences sur personne dépositaire de l’autorité publique précise le quotidien. Le lendemain, la garde à vue d’Oriana a débuté, son taux d’alcool dans le sang étant revenu à zéro.

Elle a été déférée et a comparu le lendemain pour ces faits ainsi que pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique. Le procès a finalement été renvoyé au 5 octobre prochain.

Remise en liberté, la plaignante raconte avoir voulu déposer plainte dans deux commissariats différents, ceux de Créteil et de Boissy, mais que les policiers ont refusé de prendre sa déposition. C’est finalement à l’IGPN qu’elle a déposé plainte, le service chargé d’enquêter sur les policiers. « Je pèse 55 kg, il n’y avait pas lieu de me frapper comme ça sans pitié et au visage. (…) J’assume ce que j’ai fait : la conduite en état d’ébriété et le coup de pied pour me défendre. Mais je ne méritais pas ça », insiste-t-elle.

La plaignante a également livré son témoignage à Loopsider.

Après un délit de fuite, elle aurait frappé les occupants du second véhicule ainsi que les policiers

De leur côté les policiers donnent une tout autre version des faits. Oriana aurait d’abord commis un délit de fuite selon des sources policières citées par France Bleu. Les trois personnes qui se trouvaient dans la camionnette qu’elle a percutée, ont raconté qu’elle ne s’était pas arrêtée. Ces derniers sont quand même parvenus à rattraper la jeune femme. La trentenaire aurait giflé deux des occupants, portant aussi un coup de pied à l’un d’entre eux.


A l’arrivée des policiers, Oriana aurait fait exprès de ne pas souffler correctement dans le ballon à plusieurs reprises, insultant les fonctionnaires de nombreuses fois. Lors de son menottage, la trentenaire s’est rebellée, frappant un policier au niveau du bras selon ces mêmes sources.

Elle aurait ensuite giflé un policier puis aurait tenté de réitérer son geste. C’est alors que le policier a balayé la jeune femme pour la faire chuter au sol, et ainsi ne pas recevoir d’autres coups. Dans le même temps, l’amie d’Oriana qui était passagère, aurait insulté un autre policier avant d’être interpellé.

Oriana aurait ensuite tenté de donner des coups de pied aux fonctionnaires avec la pointe de ses talons. Les investigations menées par l’IGPN devront déterminer si la force employée par les policiers était légitime.