🇫🇷 #CRS Les 3 syndicats majoritaires appellent leurs agents à «se mobiliser fortement sans délai» ce jeudi.

C’est par la voix d’un communiqué de presse commun ce mercredi que les trois organisations syndicales majoritaires de la Police Nationale ont lancé leur appel auprès des policiers affectés en CRS.

Les causes de ce « ras-le-bol » sont multiples mais l’une l’est plus que les autres : la reforme de l’IJAT, à laquelle l’intersyndicale est fermement opposée. Explications.

● Les policiers affectés en CRS sont très régulièrement amenés a effectuer des déplacements dans tout la France, parfois durant de longues semaines. Les missions sont devenues très diverses, tout comme les horaires, pouvant mêler vacation de travail de jour comme de nuit, dans la même semaine.

● Avec la diminution des effectifs, et des missions qui ont évolué, passant par le plan Vigipirate ou les problématiques des migrants, le nombre de jour de déplacement par an, a nettement augmenté ces dernières années.

Les CRS perçoivent donc une indemnité journalière d’absence temporaire (IJAT) égale à 39 euros par jour lorsqu’ils sont en déplacement.

Le statu quo depuis fin juillet

● Mais en juin dernier, la Cour des comptes a signalé que l’IJAT ne pouvait pas « constituer un remboursement de frais » et devait entrer dans « le régime social et fiscal de rémunération ». Gérard Collomb a alors expliqué aux organisations syndicales qu’une solution était en cours de réflexion.

Le 21 juillet dernier, le Ministre de l’intérieur expliquait que l’IJAT était susceptible d’être désormais soumis aux prélèvements sociaux, faisant donc dans ce cas, chuter le montant de l’indemnité (IJAT) pour l’ensemble des CRS mais également des gendarmes mobiles.

Depuis, le flou demeure sur cette question restée en suspend, et la colère monte depuis de longues semaines dans les rangs des CRS.

● Le 12 septembre dernier déjà, le mouvement de grogne était déjà important. Ce jour là, ce sont près de 470 CRS qui ont exprimé leur mécontentements dans toute la France, se rendant indisponibles en se portant « consultant », c’est à dire en demandant à voir un médecin. 1400 CRS étaient engagés ce jour là.

Une colère grandissante aux raisons multiples

● Le « ras-le-bol » de ces policiers est aussi et pleinement lié à leurs conditions de travail. Matériel vieillissant, manque d’effectifs, sans oublier des conditions d’hébergements en déplacement qui se dégradent.

La couple est pleine pour les CRS, qui n’oublient pas que plusieurs d’entre-eux ont été très gravement brûlés, victimes de cocktail molotov durant cette interminable série de manifestations concernant la Loi Travail.

Des exemples récents incontestables

● Pas plus tard que ce mercredi, nous révélions que des policiers de la CRS 16 avaient trouvé dans leur hôtel à Valenciennes, les migrants qu’ils venaient d’évacuer à Grande-Synthe. Stupéfaits, ils ont demandé à changer d’hôtel.

● Autre exemple à la fin du mois d’août dernier, où les policiers de la CRS 55 ont été contraints de dormir dans leurs véhicules, alors que des puces de lit avaient envahi leur hôtel.

Une journée de mobilisation à la demande d’une intersyndicale

● Ce jeudi, les trois syndicats majoritaires de la Police Nationale, Alliance Police Nationale, Unité SGP Force Ouvrière et UNSA Police, ont appelé les CRS à «se mobiliser fortement sans délai», alors même qu’une journée de mobilisation nationale contre la réforme du code du travail est organisée partout en France.

● Dans leur communiqué de presse commun, les trois organisations syndicales, représentants « 90% aux élections professionnelles sont claires : pas question de négocier au sujet de l’IJAT. « Il a été décidé unanimement de rejeter et de combattre la mise en place des cotisations sociales de l’IJAT des agents exerçants au sein des Compagnies Républicaines de Sécurité. »

« Dans l’attente d’un signal fort donné par le Ministre de l’intérieur, l’intersyndicale appelle tous les agents exerçant dans les CRS à soutenir son action et à se mobiliser fortement sans délai. » Le message est clair.

● Un jeudi qui s’annonce donc pour le moins compliqué pour Gérard Collomb et pour le gouvernement.

Le communiqué de presse des trois syndicats majoritaires de la Police Nationale, ce mercredi.

Actu17.