Dreux : 265 kg de cannabis, des centaines de munitions et 7 véhicules saisis, trois hommes écroués


Plusieurs mois d’investigations ont été nécessaires aux policiers de la sûreté départementale de l’Eure-et-Loir, avant d’interpeller trois suspects bien organisés qui se livraient à un trafic de stupéfiants. Ils dorment désormais en prison. 265 kilos de cannabis ont été saisis ainsi que sept véhicules et des centaines de munitions.


Leurs multiples précautions ne les ont pas empêchés d’être coincés par les policiers. Tout a démarré en septembre dernier lorsque les enquêteurs de la brigade des stupéfiants de Chartres reçoivent un renseignement évoquant un trafic de stupéfiants, entre cette même commune et la ville de Dreux. Une enquête a été ouverte et trois individus ont été identifiés après des filatures indique une source proche du dossier, confirmant les informations de L’Écho Républicain. Le trio effectuait des go-fast à partir du sud de la France ou l’Espagne, mais également de la Belgique.

La suite des investigations s’est déroulée dans le cadre d’une commission rogatoire. Lors de leur trajet pour s’alimenter en drogue, les trafiquants étaient chacun dans une voiture, une ouvreuse, une porteuse et la troisième qui suivait. Les suspects étaient visiblement habitués aux filatures et prenaient un maximum de dispositions pour éviter d’être suivis. Ils tournaient autour des ronds-points et faisaient des demi-tour brusques explique le procureur de la République de Chartres, Rémi Coutin, au quotidien régional. Une attitude qui n’a pas laissé de doutes aux policiers concernant la volonté des trois complices de dissimuler leurs activités.

Une vaste propriété en base arrière

Mais leur méfiance n’a pas suffi. Après de longues semaines de surveillances physiques et techniques, les policiers ont localisé une immense propriété de 2500 m² située sur la commune de Luray, un village d’environ 1500 habitants situé près de Dreux. Il s’agissait en fait du domicile de l’un des mis en cause, âgé de 47 ans. C’est de là que le trio partait mais également là qu’il stockait la drogue. Cette maison de 220 m² se trouve dans un secteur isolé, non loin d’un bois.

Lors d’un énième go-fast, les enquêteurs ont constaté que la voiture ouvreuse prenait le temps de faire le tour du village durant plusieurs dizaines de minutes, afin de s’assurer qu’il n’y avait aucune présence policière. Les fonctionnaires étaient quant à eux dans des véhicules banalisés. Ils ont décidé de passer à l’action lors du prochain convoi de drogue.


Une trentaine de policiers interviennent

Ils ont obtenu l’accord du juge d’instruction en charge du dossier, d’agir durant la nuit, pour mener les perquisitions une fois que les interpellations seraient terminées, en dehors des heures légales donc. Une trentaine de policiers ont été mobilisés, notamment ceux du RAID, de la BAC et du Groupe de sécurité de proximité (GSP). Un chien spécialisé dans la détection des produits stupéfiants a participé à l’opération.

Les forces de l’ordre savaient que le trio allait revenir d’un go-fast dans la nuit de lundi à mardi. Les trois trafiquants âgés de 28, 42 et 47 ans sont arrivés à 01h45 et ont été interpellés puis placés en garde à vue. Dans l’un des véhicules, 242,6 kilos de résine de cannabis ont été saisis. A l’intérieur de la propriété qui servait de lieu de stockage, six véhicules ont aussi été saisis : trois voitures de marque Renault, une Peugeot 3008, une Volkswagen Combi et une moto de marque Yamaha.

Des sacs à main et des montres de luxe, un gilet pare-balles et près de 4000 euros en numéraires ont également été saisis précisent nos confrères, mais également plusieurs centaines de munitions de calibres 38, 44 magnum et 9 mm.

Deux suspects bien connus de la justice

Une perquisition a été menée dans le même temps au domicile des deux autres interpellés, à Dreux. 23 kilos de résine de cannabis supplémentaires, une moto et un quad ont été saisis par les enquêteurs. Au total, les policiers ont mis la main sur 265,6 kilos de drogue, qui était étiquetée « Neymar » (la star brésilienne du Paris-Saint-Germain, ndlr), « Docteur Didier Raoult » ou « El Chapo ».

Durant leurs auditions, Tarik B., Sofiane C. et Saïd D. ont nié les faits et ce, malgré les nombreux éléments à charge indique une source proche du dossier. Déférés, ils ont été mis en examen ce jeudi et placés en détention provisoire. Deux d’entre eux ont déjà été condamnés 8 et 13 fois par le passé a souligné le procureur de la République.