Édouard Philippe ouvre la porte au référendum d’initiative citoyenne (RIC).

par Y.C.
(photo Wikimedia)

Dans une interview à paraître ce lundi 17 décembre, Édouard Philippe a fait plusieurs annonces et avoue que le gouvernement n’avait « pas assez écouté les Français » et « fait des erreurs », dans la gestion de la crise des Gilets jaunes.

« Nous n’avons pas assez écouté les Français. Je reste persuadé qu’ils veulent qu’on transforme ce pays. Je leur dis que leur impatience est la mienne. Nous allons continuer à réparer le pays en les associant davantage » a déclaré le Premier ministre au journal Les Échos pour débuter cette interview.

Une hausse du SMIC au 5 février

Édouard Philippe annonce que le gain de 100 euros pour les salariés proche du SMIC passera « par une hausse massive de la prime d’activité » qui sera versée « dès le 5 février pour compléter le salaire de janvier ».

Tous les smicards ne seront pas éligibles à ce gain, puisque la prime d’activité prend en compte l’ensemble des revenus du foyer et le nombre d’enfants. « Nous allons élargir le nombre de foyers éligibles (à la prime d’activité), qui passera de 3,8 millions à 5 millions » a toutefois précisé le Premier ministre.

Un débat sur le référendum d’initiative citoyenne

Concernant le RIC, ou référendum d’initiative citoyenne, réclamé par les Gilets jaunes, Édouard Philippe a pour la première fois évoqué le sujet.

« Je ne vois pas comment on peut être contre son principe. Le référendum peut être un bon instrument dans une démocratie, mais pas sur n’importe quel sujet ni dans n’importe quelles conditions » a-t-il déclaré. « C’est un bon sujet du débat que nous allons organiser partout en France. Comme l’est le vote blanc » a ajouté le chef du gouvernement.

Pas de baisse d’impôt pour les grandes entreprises

Pour faire face au déficit qui devrait se creuser en 2019 et atteindre 3,2% du PIB, en prenant en compte les mesures annoncées par le gouvernement face à la grogne des Gilets jaunes, Édouard Philippe a annoncé que la France avait décidé de limiter la baisse du taux d’impôt sur les sociétés à celles de moins de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires l’année prochaine.

Pour les entreprises ne dépassant pas ce chiffre, le taux d’imposition sera abaissé de 2%, à 31%. Un gain estimé à 1,8 milliard d’euros.

Une taxe pour les géants américains

Le Premier ministre a par ailleurs fait part de son souhait de vouloir taxer les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon), et ce dès 2019. Une mesure qui devrait permettre de récupérer 500 millions d’euros de recettes.