Essonne : Accusé d’avoir violé une dizaine d’ados, il filmait les actes pour faire ensuite pression sur elles


Illustration. (Renee Jansoa/Adobe Stock)

Un homme âgé de 30 ans est jugé à huis clos devant la cour d’assises des mineurs de l’Essonne depuis ce mardi. Il est accusé d’avoir violé une dizaine d’adolescentes entre 2016 et 2017 en leur imposant une pression psychologique mais également en diffusant des vidéos filmées à leur insu.

De nombreuses adolescentes ont été dupées par Jalal qui se faisait passer pour un jeune homme de 17 à 20 ans se prénommant Nabil. Ce dernier avait dissimulé une caméra dans la chambre de son appartement d’Evry-Courcouronnes (Essonne) pour faire chanter ses victimes par la suite détaille Le Parisien. Une méthode bien connue nommée « revenge porn », qui consiste à menacer de publier des images prises à l’insu de la victime durant un rapport sexuel, pour pouvoir exercer une pression sur elle.

Cet homme de 30 ans est jugé depuis mardi devant la cour d’assises des mineurs de l’Essonne pour viols, chantage sexuel, enregistrement et transmission d’images à caractère sexuel, menaces, harcèlement moral, sur neuf jeunes filles âgées de 13 à 17 ans.

Il envoie la vidéo à sa sœur, une camarade de classe et à son ex

C’est lors d’une dépôt de plainte de l’une des victimes âgée de 14 ans au commissariat d’Évry, en janvier 2017, que les policiers de la brigade des mineurs ont débuté cette enquête. L’adolescente a raconté qu’elle avait rencontré un certain Nabil il y a six mois et que sa vie était depuis devenue un enfer. Elle l’avait rencontré une première fois, puis avait accepté de se rendre chez lui, là où ils avaient eu un premier rapport sexuel. Il y aura d’autres relations du même type jusqu’à ce que l’adolescente décide de mettre fin à cette histoire.

Le comportement de Jalal a alors totalement basculé. Il n’a pas hésité à appeler la famille de la jeune fille pour la prévenir qu’il pouvait « détruire » sa vie si elle refusait « d‘être amoureuse de lui » relate nos confrères. L’accusé a ensuite utilisé une autre méthode. Il a envoyé une vidéo le montrant avec l’adolescente en plein acte, à sa sœur, une camarade de collège et à son ex-petit ami. Effondrée, la jeune fille de 14 ans est retournée le voir et s’est vu imposer d’autres rapports sexuels.

Les enquêteurs et le parquet d’Évry ont fait le rapprochement avec la plainte d’une autre jeune fille du même âge. Après une première rencontre à Epinay-sur-Orge, Nabil l’avait invitée chez lui. C’est lorsque l’accusé a envoyé une vidéo du viol présumé de la jeune fille, à sa sœur – là encore pour exercer une pression sur elle – qu’elle a décidé de tout raconter à la police.

Les policiers ont fini par identifier l’auteur présumé, malgré le fait qu’il avait ouvert une ligne téléphonique sous une fausse identité. Il a été placé en garde à vue le 2 mars 2017 raconte Le Parisien. Jalal avait d’ailleurs bénéficié d’un classement sans suite dans une affaire de viol commis à Sarcelles (Val-d’Oise).

77 fichiers dans un dossier nommé « sextape »

Une perquisition au domicile du suspect a permis de découvrir son matériel vidéo dissimulé qui servait ensuite à ses « revenge porn ». 77 fichiers ont été trouvés dans un fichier nommé « sextape », sur son ordinateur. Les enquêteurs ont aussi identifié d’autres victimes dont cinq mineures et plusieurs majeures, en exploitant le téléphone du trentenaire. Certaines d’entre elles sont depuis confrontées à « des idées noires », ont notamment décrit les experts désignés dans ce dossier.

Jalal est aussi soupçonné d’avoir abusé de deux de ses sœurs alors qu’elles n’étaient qu’adolescentes. Il affirme toutefois qu’elles mentent et que les autres plaignantes étaient toutes consentantes. Son procès doit durer deux semaines.