🇫🇷 Essonne : La Police Municipale de Wissous désarmée par la Préfecture.


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La décision est plutôt rare et fait grincer des dents du côté des policiers municipaux et de leurs représentants.

Par arrêté du 19 avril, la préfète de l’Essonne a abrogé l’autorisation accordée à la commune d’acquérir, détenir et conserver des armes destinées à sa Police Municipale. Cette décision est la conséquence directe de l’intervention controversée du Maire de Wissous contre des « gens du voyage » installés illégalement sur sa commune.

Le maire intervient armé d’un sabre et d’une arme de poing dissimulée

Le 8 avril dernier, Richard Trinquier, actuel maire de Wissous, était intervenu au contact d’un camp de « gens du voyage » ivre, armé d’un sabre japonais et porteur d’un gilet pare-balles. L’édile, portait également une arme de poing dissimulée sous ses vêtements et était accompagné de son premier adjoint et de policiers municipaux. Le maire avait été interpellé et placé en garde à vue.

Les policiers municipaux rendent les armes

Suivant les directives de l’arrêté préfectoral, la commune de Wissous a trois mois, à compter du 19 avril dernier, pour déposer la totalité de son armement au commissariat de police de Massy, où il sera gardé à titre conservatoire. L’arrêté liste huit revolvers de calibre 38 Spécial, huit pistolets 9 mm Luger et leurs munitions, ainsi que deux lanceurs de balle de défense, huit tonfas, huit matraques télescopiques et sept aérosols de gaz incapacitant. Soit la totalité du parc d’armement de la commune.


Le Syndicat de Défense des Policiers Municipaux (SDPM) s’indigne

Le président du SDPM juge la décision de la Préfète Josiane Chevalier de « scandaleuse et ubuesque », ajoutant : « Dans cette affaire, l’action des policiers municipaux n’est à aucun moment remise en cause. Aux yeux du procureur de la République, ce sont des victimes. Pour une action à l’initiative d’un maire, on désarme des policiers qu’on expose ainsi au danger. On sait très bien qu’une PM (Police Municipale, ndlr) non armée ne sert à rien. Pour ma part, j’ai l’impression qu’il s’agit d’une décision politique dont les policiers municipaux de Wissous, qui ne font pas de politique, paient les conséquences ». Le syndicat a annoncé qu’il allait porter l’affaire devant la justice.

Le Maire écrit à ses administrés

Dans un courrier adressé aux habitants de sa commune, daté du 19 avril, jour de la publication de l’arrêté préfectoral, Michel Trinquier explique qu’il a été mis en joue par un membre du camp armé d’un fusil : « Un des policiers municipaux a sorti son arme pour me protéger et empêcher de me faire tuer. » et de poursuivre, « J’avais bu deux verres de vin pendant mon déjeuner familial », et en tant que maire et médecin anesthésiste, s’est dit « conscient des responsabilités qui [lui] incombent ». « Je me dois d’être maître de mes moyens à tout moment » a-t-il ajouté.

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