Féminicide à Oberhoffen-sur-Moder : la gendarmerie nationale saisit l’IGGN


Illustration. (Shutterstock)

Une femme de 40 ans a été tuée de plusieurs coups de couteau ce dimanche soir, portés par son mari qui a été interpellé, mis en examen et écroué. Christian Rodriguez, le directeur général de la gendarmerie nationale, a décidé de saisir l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).

Une enquête interne de la gendarmerie a été ouverte suite à la mort de Sylvia Walter, une femme de 40 ans mortellement poignardée par son mari ce dimanche soir à Oberhoffen-sur-Moder (Bas-Rhin), « afin qu’un audit soit réalisé sur les conditions globales de l’intervention », a indiqué la gendarmerie à franceinfo.

Le mari de la victime âgé de 58 ans, a été mis en examen « du chef de meurtre sur conjoint et placé en détention provisoire », a précisé le parquet de Strasbourg.

La fille de la victime, Stella, a témoigné au micro de France Bleu, indiquant être arrivée sur le lieu des faits en quelques minutes, alors que les gendarmes ont mis « une demi-heure à arriver » selon ses déclarations. « J’ai eu le temps d’escalader le portail, de fracturer la porte pour essayer d’entrer, pour voir ma mère prendre le dernier coup de couteau dans la carotide. Elle s’est relevée, est venue vers moi et c’était fini », a expliqué la jeune femme.

« Le temps d’intervention n’est pas du tout excessif au regard de la circonscription »

Toutefois, la gendarmerie affirme que l’intervention des militaires s’est faite « dans les plus brefs délais ». « Le temps d’intervention n’est pas du tout excessif au regard de la circonscription. L’intervention s’est faîte une vingtaine de minutes après le premier appel d’urgence », explique le Service d’informations et de relations publiques des armées (SIRPA) de la gendarmerie cité par Le Parisien. « 22 ou 23 minutes au maximum », selon le SIRPA.


Selon la gendarmerie, le premier appel fait au Centre d’Opérations de la Gendarmerie du département a été passé à 23 heures par le gendre de la victime et ne faisait pas état de l’usage d’arme dans ce différend familial. Vers 23h10, la fille de la victime a quant à elle évoqué la présence d’arme sur les lieux, lors d’un second appel. C’est à partir de ce moment là que le caractère d’urgence a été envoyé aux patrouilles.

A l’arrivée des gendarmes, le suspect est armé. « Il tient un couteau en main, il menace de se suicider, l’usage d’un pistolet à impulsion électrique à pour but de l’empêcher de se suicider », explique le SIRPA.

11 interventions pour violences intra-familiales dans le département ce soir là

Au cours de cette soirée, onze interventions pour violences intra-familiales ont été recensées dans tout le département du Bas-Rhin. En outre, les gendarmes étaient déjà intervenus au domicile de Sylvia Walter le 8 novembre dernier pour « violences conjugales ». La victime n’avais pas souhaité quitter son logement ni déposer plainte.

De son côté le parquet a indiqué qu’une seule plainte avait été déposée par Sylvia Walter en octobre dernier. La déposition faisait état « de disputes et de violences légères sans ITT », sur fond d’alcool depuis plusieurs mois, « ainsi que des menaces de dégradations de son véhicule proférées en juillet dernier ». Son mari était bien convoqué en décembre prochain.

Selon le collectif « Féminicides par compagnons ou ex », il s’agit du 131e féminicide en France depuis le début de l’année.