Fontainebleau : 18 mois de prison pour avoir volontairement percuté un policier à cheval


Diamant a été percuté par le chauffard le 25 octobre dernier. Il a depuis repris du service. (photo Police nationale)

Bien connu de la police et de la justice, un homme âgé de 45 ans a écopé d’une peine de quatre ans de prison dont 30 mois avec sursis ce jeudi pour avoir volontairement percuté le cheval d’un policier dans le but d’échapper à son interpellation, à Fontainebleau (Seine-et-Marne).

Il n’a pas hésité à foncer sur un policier à cheval pour échapper aux forces de l’ordre. Carlos, 45 ans, était jugé ce jeudi après-midi par le tribunal correctionnel de Fontainebleau pour refus d’obtempérer, faux et usages de faux, violences sur personne dépositaire de l’autorité publique en récidive, entre autres.

Les faits s’étaient déroulés le 25 octobre dernier, dans l’après-midi. Une patrouille de deux policiers de la brigade équestre de Seine-et-Marne a eu son attention attirée par un automobiliste. Les fonctionnaires ont ensuite aperçu le véhicule de cet homme qui était stationné sur une place de livraison avec les feux de détresse allumés. Ils ont alors décidé de procéder à son contrôle vers 15h45.

Un suspect décrit comme « agité »

Lors de l’audience, la policière qui faisait partie de l’équipage, a indiqué que le suspect était nerveux : « Il touchait tous le temps ses clés alors qu’on lui avait demandé de les poser sur le siège passager ». Une version confirmée par le second policier qui évoque un homme « agité ».

En soumettant au fichier l’identité du conducteur, les premiers résultats ont montré que ce dernier n’avait vraisemblablement pas le permis de conduire, et qu’il faisait en plus l’objet d’une fiche de recherche. Les vérifications se sont poursuivies durant de longues minutes.


La policière ouvre le feu

La réponse est finalement arrivée vers 16h25 et les fonctionnaires ont eu confirmation qu’il était nécessaire d’interpeller cet homme. Le cavalier s’est positionné sur le côté de la voiture, tandis que sa collègue s’est placée derrière. Sentant probablement qu’il allait être arrêté, le conducteur a brusquement redémarré et a tourné ses roues en direction du cavalier, qu’il a percuté.

Dans le même temps, la cavalière a répliqué au comportement dangereux de cet homme en faisant feu à une reprise avec son arme de service. Un tir qui a terminé sa course dans la portière du mis en cause. Fort heureusement, le cheval qui s’est retrouvé sur le capot du chauffard a réussi à se redresser et se jeter sur le côté. Une scène qui a été entièrement filmée par les vidéosurveillances. De plus, la légitime défense a été retenue par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

« Il a pris appui sur le capot et a pu se retourner. Sans ça, il serait mort »

Le mis en cause a pris la fuite. Constatant que son cheval n’était que légèrement touché, le cavalier est parti à la poursuite du fuyard avec sa collègue, après avoir fait appel à des renforts. L’homme sera finalement interpellé un peu plus loin, bloqué dans la circulation. Diamant, le cheval, présentait une déchirure à une cuisse. Il a reçu sept agrafes et a été mis au repos durant deux semaines.

« Il a eu un incroyable réflexe. (…) Il a pris appui sur le capot et a pu se retourner. Sans ça, il serait mort », a raconté le policier.

Déjà condamné à 14 reprises

A la barre, le prévenu déjà condamné à 14 reprises, dont six fois pour faux et usages de faux, a expliqué qu’il avait « paniqué ». Son permis de conduire avait été supprimé en 2006.

Son avocat, Me Patrick Combes, a critiqué le contrôle routier « anormalement long » des policiers, et le tir de la fonctionnaire qu’il a qualifié de « réaction totalement disproportionnée ». L’avocate des policiers, Me Coralie Malagutti a pour sa part décrit « une scène surréaliste ».

18 mois de prison ferme, il a été écroué

De son côté, la procureure a requis une peine de 2 ans de prison avec mandat de dépôt et 2 ans de sursis avec une mise à l’épreuve de 2 ans contre Carlos.

Le tribunal a condamné le prévenu à une peine de 4 ans de prison dont 30 mois avec sursis. Un mandat de dépôt a été délivré. L’homme a également écopé d’une mise à l’épreuve durant 36 mois et a l’obligation d’indemniser les victimes.