Gilets jaunes : Les figures du mouvement annoncent un « acte fort » et un changement de méthode


À gauche, Maxime Nicolle alias Fly Rider, à droite Éric Drouet, figures du mouvement des Gilets jaunes.

L’Acte 18 de la mobilisation des Gilets Jaunes, marqué par de nombreuses violences, devait être un « ultimatum ». Mais l’absence de réponse du gouvernement face aux revendications des manifestants a poussé certaines figures du mouvement à annoncer un « changement de méthode ».

Entre fatigue et lassitude de ces marches revendicatives hebdomadaires à travers Paris, Éric Drouet a déclaré samedi au média Brut : « Moi, comme beaucoup, on va arrêter les manifestations, ça va être plus des blocages. […] On va venir le samedi, ça va être des blocages plus intelligents sur l’économie. Les marches ne marchent pas, donc… ».

Un changement de stratégie

Dans une vidéo publié dimanche, cette figure des Gilets Jaunes a précisé : « Je pense que le prochain truc à faire, c’est le blocage des ports et raffineries. Et que tous les Gilets jaunes se mettent que là-dessus. En trois-quatre jours, c’est plié ». Éric Drouet n’a toutefois pas communiqué de date ou de lieu : « Les actions, je peux pas les promouvoir ou les créer. On est extrêmement surveillés » a-t-il expliqué.

Un « acte fort » dans trois semaines

Le chauffeur-routier, devenu porte-parole du mouvement, a affirmé samedi à Rémy Buisine de Brut : « Ça, ça va recommencer dans trois semaines, pour reconverger tous sur Paris », en pointant du doigt les scènes de destruction qui ont émaillé l’Acte 18.


De son côté, Maxime Nicolle alias Fly Rider, a annoncé samedi dans une vidéo retransmise en direct sur internet : « La semaine prochaine, on continuera les actions. Et la semaine d’après, on continuera les actions. Partout. […] Aujourd’hui, beaucoup de gens sont venus sur Paris. La semaine prochaine, ils seront dans leur ville. Et puis la semaine d’après. Et puis, dans à peu près trois semaines, il y aura un autre acte, un très gros acte  ».

Concernant les violences commises sur les Champs-Élysée notamment, Fly Rider a confié : « Aujourd’hui, j’ai été fier de voir que les gens ont arrêté d’être des moutons. Oui, ça amène des destructions, oui ça amène énormément de choses qui sont regrettables. […] Mais [la violence], elle ne vient pas de nulle part  ».

Christophe Castaner leur répond

Après ces propos diffusés sur Youtube et les réseaux sociaux, le Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a déclaré sur le plateau de LCI : « Ce sont des révolutionnaires d’opérette. Ils alimentent la violence et après ils disent ‘pas vu, pas pris’. Il faut qu’ils assument la casse. Je souhaite que leur responsabilité soit engagée sur leurs deniers personnels. Il n’y a aucune raison que ce soit les impôts qui paient les dégâts ».

Interrogé sur la pertinence de poursuivre les figures du mouvement, il a répondu : « Je n’accepte pas de voir ces deux personnages de TV réalité qui vivent que par des Facebook live et disent « ah non, ce n’est pas moi », de ne pas être sanctionnés. Et il faut qu’ils le soient au portefeuille. Cela s’appelle le courage. Et je crois que du courage, ils en manquent ».