Gironde : Prison avec sursis pour une mère qui avait voulu venger sa fille victime de brimades


Illustration (Pixabay)

Une mère de famille, dont la fille était victime de harcèlement scolaire, a voulu se faire justice elle-même.

Une habitante de Pauillac en Gironde a été condamnée à deux mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour « violences aggravées », mardi. Elle a été reconnue coupable d’avoir projeté du liquide nauséabond sur le visage d’une élève du même lycée que sa fille.

Une scène surréaliste

L’agression jugée mardi s’est déroulée le 20 juin, au dernier jour des épreuves du baccalauréat, devant le lycée Odile-Redon. Plusieurs élèves se trouvaient là, lorsque la mère de famille a fait irruption dans un groupe de lycéens et a aspergé le visage d’une adolescente avec un liquide à l’odeur écoeurante, relate Le Parisien. L’assaillante a aussitôt pris la fuite, devant des élèves médusés.

Harcèlement scolaire

Sous le choc, l’adolescente a alerté sa famille et a déposé plainte quelques jours plus tard. Le liquide qui avait été projeté sur elle avec une pipette de nourrisson était le contenu d’une boule puante. Le produit lui avait causé une perte de cheveux.

Chargés des investigations, les gendarmes locaux ont déterminé qu’un différend opposait cette lycéenne à la fille de l’assaillante. Cette dernière aurait été la souffre-douleur de la lycéenne, qui lui aurait fait subir des brimades, l’empêchant notamment de monter dans le bus de ramassage scolaire. La fille de l’assaillante aurait tenté de régler le problème par elle-même, en vain. L’adolescente s’était ainsi confiée à sa mère.


Inverser les rôles

Interrogée par les enquêteurs, la mère de famille a assuré avoir alerté la direction du lycée à plusieurs reprises, mais que cela n’avait rien donné. Elle a affirmé avoir songé à déposer plainte, mais ne pas l’avoir fait de peur de représailles sur son enfant.

En larmes face à la cour, la prévenue a reconnu ne pas avoir trouvé d’autre solution pour faire cesser le harcèlement subi par sa fille. Par son acte de projeter du liquide puant sur la lycéenne, la mère de famille voulait l’empêcher de pouvoir monter dans le bus scolaire, pour lui faire ressentir « ce que ça fait », a-t-elle déclaré.

Le ministère public a requis 4 mois de prison avec sursis, évoquant le « traumatisme subi par la victime » pour des « enfantillages ». La cour a condamné la prévenue à la moitié de cette peine.