Hérault : Une jeune femme de 19 ans séquestrée et torturée des semaines par toute une famille


Illustration. (photo PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP)

Une jeune femme avait été découverte dans un état critique sur le bord du canal du Midi, à Vias (Hérault), le 2 novembre 2019. Elle est aujourd’hui encore hospitalisée et n’a pas pu être auditionnée. L’enquête des gendarmes a montré qu’elle avait été séquestrée et torturée par plusieurs personnes. Un calvaire qui a duré des semaines.

Au terme d’une longue et minutieuse enquête, la section de recherches de Montpellier et la compagnie de gendarmerie de Pézenas ont interpellé trois frères, âgés de 22, 24 et 25 ans, leur mère, âgée de 44 ans, et un homme de 32 ans. Tous sont mis en cause dans une sordide affaire de séquestration et d’actes de torture et de barbarie, notamment.

Entre la vie et la mort

Le jour de sa découverte par un vététiste qui cheminait par là, le 2 novembre dernier, la jeune femme était inconsciente et en hypothermie avec une température de 22°C. Légèrement vêtue, malgré le froid, elle pesait moins de 40 kg et son visage était tuméfié. Le témoin avait alerté les secours et la victime avait été prise en charge en urgence absolue.

Une information judiciaire ouverte

Le parquet de Béziers a ouvert une information judiciaire, le 27 décembre, pour tenter d’identifier la victime et comprendre ce qu’il lui était arrivé. C’est dans ce cadre que les enquêteurs ont appris qu’elle était âgée de 19 ans, originaire de Châteauroux (Indre) et qu’elle y avait souffert d’importantes difficultés sociales et familiales, relate Midi Libre.

La jeune femme était en fait arrivée à Agde durant l’été 2019 pour un homme, âgé de 22 ans, rencontré sur internet. Ce dernier était devenu l’un de ses bourreaux.


Ligotée et contrainte de manger des excréments

« Des déclarations recueillies, en garde à vue, par les enquêteurs, il résultait que les relations entre la jeune femme et le frère de 22 ans se sont dégradées rapidement », a indiqué le procureur de la République de Béziers.

« À partir du mois de septembre 2019, il l’aurait maltraitée, enfermée dans un cagibi cadenassé, attachée, bâillonnée, régulièrement battue, vivant dans un état de saleté permanent, privée d’aliments et de soins et même parfois forcée à manger des excréments de chats. Il l’aurait également obligée à lui reverser ses prestations sociales, notamment pour s’acheter des jeux vidéos », a-t-il ajouté.

Toute une famille impliquée

L’un des trois frères mis en cause, âgé de 24 ans, aurait aussi participé aux violences, mais dans une moindre mesure. La mère et son compagnon auraient su ce qu’il se tramait, sans toutefois chercher à y mettre un terme.

La veille de la découverte de la jeune femme, le 1er novembre, l’un des bourreaux âgé de 22 ans aurait commis de nouvelles violences qui auraient aggravé l’état de santé de la victime. Avec son frère de 24 ans et sa mère, ils auraient décidé de faire disparaître leur victime du logement.

Plutôt que de l’emmener dans un hôpital où ils auraient sans doute été dénoncés, le trio l’a alors abandonnée, de nuit, sur le bord du canal du Midi à Vias. Le troisième frère de 25 ans aurait ensuite été informé de cet abandon mais n’avait pas prévenu les secours.

Placés en détention provisoire

Quatre membres de la famille ont été mis en examen et placés en détention provisoire, un cinquième a été placé sous contrôle judiciaire en attente de leur procès. Les deux frères de 22 et 24 ans sont poursuivis pour « séquestration en vue de faciliter des actes de torture et de barbarie et des extorsions des moyens de paiement » de la victime, rapporte France 3.

Leur mère et son compagnon, pour leur part, ont été mis en examen pour « abstention volontaire d’empêcher un crime », la mère étant également poursuivie pour « modification de l’état des lieux d’un crime pour faire obstacle à la manifestation de la vérité ». Le troisième frère, âgé de 25 ans, a également été mis en examen du chef « d’abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité des personnes ».

À ce jour, la jeune femme est toujours hospitalisée et n’a pas pu être auditionnée par les enquêteurs.