Immigration : Le gouvernement va instaurer des «quotas» et restreindre l’accès aux soins


Édouard Philippe. (photo Jacques Paquier/Flickr)

Le Premier ministre Édouard Philippe annoncera ce mercredi matin les 20 mesures du « plan immigration » du gouvernement, à l’issue d’un Comité interministériel. Des mesures qui ont été annoncées ce lundi soir devant une cinquantaine de députés LREM.

Édouard Philippe était présent devant une cinquantaine de députés LREM ce lundi soir, quatre semaines après le premier débat annuel sur l’immigration au parlement.

Le Premier ministre a annoncé les 20 mesures qui vont être dévoilées officiellement ce mercredi matin. Les modalités d’accueil des migrants vont évoluer et les conditions se resserrer. Dans le même temps, l’accès aux soins sera désormais plus strict.

Des quotas pour l’immigration économique

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail l’a confirmé ce mardi matin au micro de BFMTV, des quotas d’immigration économique seront fixés dès « l’été prochain ». La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) et Pôle emploi seront chargés d’établir une nouvelle liste des métiers en tension qui viendra remplacer celle d’aujourd’hui, qui date de 2011. Cette liste sera actualisée chaque année. Le gouvernement va fixer des « objectifs chiffrés ou des quotas […] en fonction des besoins », a-t-elle précisé.

La ministre a indiqué que cette immigration professionnelle ne dépendrait pas du pays d’origine et qu’elle serait « assez modeste en chiffre ». « Il y a toujours des métiers en tension qui ne sont pas pourvus. Il y aura toujours des besoins complémentaires […] On complète les ressources humaines de la France. En complément, l’immigration, c’est une chance pour la France », a-t-elle également déclaré.


Muriel Pénicaud a précisé que la priorité sera toujours donnée aux demandeurs d’emploi présents en France : « La priorité pour nous, c’est de mettre le paquet sur la formation pour prendre tous les empois possibles […] On va vérifier qu’on a bien fait les efforts de formation pour qu’un demandeur puisse prendre l’emploi ».

L’accès aux soins va être modifiée et restreinte

Ce lundi soir, Édouard Philippe a rappelé « la nécessité de lutter contre les fraudes et les abus » concernant l’accès aux soins, selon une participante citée par BFMTV. Une prise de position qui correspond à celle d’Emmanuel Macron dans son interview à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, où il s’est montré favorable à « régler vite » la question « des gens qui viennent avec un visa touristique, qui restent trois mois et ensuite se mettent à l’AME ». Il s’agit de l’Aide médicale d’État accordée aux migrants en situation irrégulière en France.

Le gouvernement a décidé d’instaurer pour les demandeurs d’asile, un délai de carence de trois mois pour accéder à la Protection universelle maladie (PUMa), la sécurité sociale de base, pour toutes les personnes qui travaillent en France de manière stable et régulière. Aucun délai de carence n’existe actuellement.

L’Aide médical d’État va également évoluer

Concernant l’Aide médical d’État (AME), elle sera réservée aux personnes en situation irrégulière en France, depuis plus de trois mois. Actuellement, la loi dispose que l’une des conditions pour en bénéficier est de résider de façon stable dans l’hexagone. Le texte en vigueur inclut donc les touristes venus en France pour en profiter. 318 000 personnes bénéficient actuellement de l’AME.

Le gouvernement doit également se baser sur un rapport commandé à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale des finances (IGF), qui doit être rendu public prochainement, pour déterminer sa position sur l’AME, régulièrement sujet à polémique.

Autre réforme : les bénéficiaires de l’AME devront effectuer une demande préalable à la Sécurité sociale pour les soins considérés comme non-urgents.

Une augmentation des effectifs de Frontex

D’autre part, les moyens attribués à Frontex (l’agence européenne chargée du contrôle et de la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen) devraient être augmentés.

Le gouvernement souhaite renforcer la convergence européenne concernant la gestion des migrants explique la chaîne d’informations. Frontex passerait de 1000 à 10 000 personnes d’ici 2027.