🇫🇷 #Incendies «On est en flux tendu en matériel et en effectifs, cela devient pathétique» expliquent les pompiers.

Photo AFP 24 juillet 2017 en Haute-Corse

Les sapeurs-pompiers sont mobilisés dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Var, du Gard, du Vaucluse, des Alpes-Maritimes et de la Haute-Corse pour venir à bout d’incendies qui ont déjà détruit plus de 7 000 hectares depuis lundi 24 juillet relate franceinfo. « On est toujours en flux tendu, à la fois en termes de matériel et d’effectif, cela devient pathétique sur le terrain », dénonce Patrice Beunard, président du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SNSPP).

« Ce qui me fait très peur, c’est qu’on ait un feu qui démarre dans le Sud-Ouest. Là, je ne sais pas comment on fait », s’alarme-t-il. Pour mieux comprendre ces inquiétudes, franceinfo effectue un tour d’horizon des équipements et des effectifs destinés à lutter contre les incendies en France.

Une flotte aérienne sur-sollicitée

Actuellement, 17 bombardiers d’eau interviennent pour venir à bout des feux de forêts, dont 8 Canadair, 7 Tracker et 2 avions Dash, indique la Direction générale de la sécurité civile. Un syndicat de pilotes de Canadair a alerté sur le manque de moyens aériens pour faire face : « Aujourd’hui, la situation est explosive, nous n’avons pas les moyens aériens pour épauler et soutenir les troupes au sol », a déclaré à franceinfo Stéphan Bars, pilote de Canadair et responsable du syndicat SNPNAC.

En cause, l’incapacité de voler au maximum du potentiel de la flotte pour des raisons techniques. « Ce sont des avions qui ont entre vingt et vingt-cinq ans, qui sont en très bon état à partir du moment où ils sont entretenus et que les pièces détachées arrivent en temps et en heure », estime Stéphan Le Bars.

Du côté de la Direction générale de la sécurité civile, on estime que « la flotte actuelle suffit » aux besoins, même si on admet qu' »elle est actuellement sur-sollicitée. Pour donner un ordre de grandeur, normalement on effectue 2 500 largages par saison, et, cette année, on en est déjà à 5 000 largages. »

Avec, en première ligne, les Canadair. « Lorsqu’ils se remplissent d’eau à 180 km/h, l’eau est dure comme du béton » explique à franceinfo le colonel Michaël Bernier, du cabinet de la Direction générale de la sécurité civile, ajoutant que les appareils doivent rester à terre pour des questions de maintenance.

Mardi soir, Gérard Collomb a confirmé la commande de six bombardiers d’eau de type Dash 8. Cet effort n’est pas suffisant, selon Renaud Muselier, le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, interrogé par franceinfo mercredi. « C’est un plus, mais ces bombardiers font six tonnes d’eau et doivent se poser à terre sur un aéroport pour pouvoir recharger. Ce sont des retardants, ils n’ont pas la même utilité que les Canadair qui éteignent les feux. »

André Gorreti, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers autonomes, confirme qu’un Dash « doit se poser pour remplir et redémarrer, c’est une énorme perte de temps ». Et d’ajouter que « ce sont de gros porteurs, ils ne sont pas du tout maniables. Sur des zones accidentées comme la Corse ou les Alpes-Maritimes, ils n’ont pas la même efficacité que les Canadair. »

Le problème, avec les Canadair, c’est que leur chaîne d’assemblage est aujourd’hui à l’arrêt, impossible donc d’en commander quelques unités supplémentaires. « Il faut faire une commande de 25 Canadair avec des pays comme la Grèce ou le Portugal, (…) pour remettre en marche la production » a expliqué Renaud Muselier, interpellant Emmanuel Macron pour organiser un « un groupement d’intérêts nationaux des pays du Sud ».

De leur côté, des syndicats de sapeurs-pompiers appellent à la création d’une flotte aérienne européenne. Il existe déjà un mécanisme européen de protection civile, que la France a enclenché lorsqu’elle a sollicité deux avions Canadair en renfort. Le commissaire européen à l’aide humanitaire a répondu mardi soir que l’Italie mettait à disposition un Canadair.

« Le problème, c’est que nos voisins sont obligés de se déshabiller pour nous venir en aide, estime Patrice Beunard. Ce qu’il faudrait, c’est une flotte européenne de bombardiers d’eau qui puisse venir apporter une aide supplémentaire aux pays dans le besoin, et qui permettrait de mutualiser les coûts ».

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