🇫🇷 #IndreEtLoire 3h52 : l’ambulance devient salle d’accouchement.


Rendez-vous en bas de cet article pour une intervention exclusive du Vice-Président du CATSUF – L’association des ambulanciers de France.

Il était 2 h 45 hier lorsqu’un appel a mobilisé les ambulanciers de garde. Une maman de Pouzay a accouché de son quatrième enfant à bord du véhicule, rapporte La Nouvelle République.

Au moment de procéder à l’évaluation de la patiente, nous savions que nous n’irions pas au bout. L’histoire est insolite, rare.

Fabien Houvet, lui, raconte, la voix pleine de sourires, ce énième accouchement que sa carrière lui a permis de mener à bien, à l’arrière de son ambulance, en route vers la maternité.
Le scénario s’est joué dans la nuit de dimanche à lundi, sur l’aire de péage de Sainte-Maure-de-Touraine.
« Les contractions étaient très rapprochées, la maman, domiciliée à Pouzay, était à deux jours du terme de sa grossesse… Dès l’alerte reçue à 2 h 45 et notre départ depuis Le Grand-Pressigny, tout était prévu : il y avait de grandes chances qu’on n’arrive pas à temps à Chambray-lès-Tours », poursuit Fabien.

«  L’hôpital est venu à nous  »

Le pressentiment se nourrit de près de 25 ans de carrière. Et finit par se confirmer quelques minutes plus tard après avoir quitté le domicile familial.
Plutôt que de s’engouffrer sur l’A 10 direction de la maternité du Pôle Santé Léonard-de-Vinci, le salarié de l’entreprise Doidy et son auxiliaire donnent rendez-vous au médecin du Smur. « C’est l’hôpital qui est venu à nous », s’amuse un proche.

L’ambulance, reconvertie en salle d’accouchement d’urgence, est prête.
Le petit Alfonso ne patientera pas. A 3 h 52, les premiers vagissements se font entendre.
Dans la cellule surchauffée à 35 degrés, « pour que le bébé ne se refroidisse pas » jusqu’à la prise en charge médicale puis le transfert, soulagement et sérénité prévalent.
« Nous sommes formés à ce genre de conditions extrêmes », expliquent humblement les deux ambulanciers.
La maman, Lina Martins, 37 ans, se porte bien. Déjà mère de trois enfants, elle a été admise à la clinique quelques minutes plus tard. La conclusion d’une jolie histoire que le petit Alfonso pourra raconter à l’envi, l’âge venu.

http://bit.ly/2tmSwi4

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    Ambulancier, une profession aux multiples facettes, par Didier Heuber.

    Nous connaissons la profession ambulancière comme de simples transporteurs de patients allant du point A au point B mais ce n’est pas la seule facette du métier : un ambulancier peut être une sage femme aussi ! C’est ce qui est arrivé à un équipage d’ambulanciers privés en Indre et Loire.
    Le SAMU a réquisitionné l’entreprise de garde préfectorale pour évacuer une jeune femme parturiente, généralement tout s’arrête là car nos futures mamans arrivent bien souvent avant l’accouchement en maternité … bien souvent car là les ambulanciers, face à la situation inopinée et urgente, ont eu l’obligation de procéder au début de l’accouchement en attendant le renfort du SMUR local afin de médicaliser la maman et son bébé qui vont très bien grâce au professionnalisme des ambulanciers privés.

    L’accouchement comme beaucoup d’interventions quotidienne ne sont toujours anodines, il faut savoir trois choses importantes et totalement méconnus concernant la profession ambulancière :

    Les ambulanciers sont formés tout comme toutes les professions de santé inscrites dans la quatrième partie du code de la santé publique à l’AFGSU 2 (Attestation de formations aux gestes et soins d’urgences niveau 2)(1)
    Les ambulanciers ont prérogative à intervenir sur des urgences vitales (Chapitre 1 paragraphe 2 du référentiel SAMU / Transport Sanitaire)(2)
    Lorsqu’un ambulancier privé est mandaté par le SAMU il devient un vecteur prioritaire (art R 311-1 alinéa 6.5 du code de la route)(3) … et il n’a pas besoin d’être accompagné par un véhicule SMUR ou par les forces de l’ordre pour cela.

    Didier HEUBER, Vice-Président du CATSUF.

(1) cf. le texte sur Legifrance
(2) cf. le référentiel SAMU officiel
(3) cf. l’article du Code de la Route