🇮🇶 #Irak «Nous éviterons, autant que faire se peut, qu’un Français puisse sortir vivant de Mossoul.»

Illustration. DR.

Alors que l’Etat islamique est chassé de Mossoul, les civils et leurs familles sortent de leurs cachettes. Et la traque de djihadistes se poursuit sans relâche, grâce notamment à « Ali le photographe de Daech ». Recruté sous la contrainte pour gérer le parc automobile de l’Etat islamique, il détient les portraits et les noms de 1325 recrues de l’organisation.

Le général Abdelghani Al-Assadi, commandant du CTS, le contre-terrorisme irakien, est très clair sur le sujet. Interrogé par Paris Match, il nous déclare : « Nous avons un accord tacite avec les Français. Nous arrivons à une phase de combat où il est hors de question que des hommes de Daech puissent fuir et arriver dans un autre pays.

Ce qui nous importe n’est pas tant la nationalité des djihadistes, notre travail est de les combattre et de les abattre. Nous éviterons, autant que faire se peut, qu’un Français puisse sortir vivant de Mossoul. Notre objectif est encore une fois de les tuer afin qu’aucun homme de Daech ne puisse s’enfuir. »

Le major général Najim Abdullah Al-Jibouri, commandant en chef des opérations pour la libération de Mossoul, est encore plus explicite. Il nous reçoit à son domicile, en présence du général directeur Manahl, du renseignement irakien.

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« Il y a déjà plusieurs mois que nous savons que des “chasseurs français” [vraisemblablement des agents de la DGSE] traquent les djihadistes français. Ils disposent de moyens sophistiqués et ont des spécialistes en traçabilité, lecture et écoute des ­communications. Ils nous ont avertis également que certains des djihadistes français peuvent disposer de passeports tunisiens ou autres. Ce n’est pas facile, pour nous, de savoir si ce sont ou non des binationaux.

Ils brûlent leurs papiers et il est malaisé de les identifier. » Les ­services irakiens disposent néanmoins de renseignements provenant des services français. Ainsi, la photo d’un djihadiste que le général accepte de nous montrer. La fiche précise en arabe : « Ce combattant français dans l’organisation islamique planifiait des attaques en Europe. Marié, il vit à Mossoul et fréquente tous les jours des cybercafés jusqu’à l’heure de fermeture. Obsédé de communication par Internet, son nom de guerre est Abou Ba ou Abou Chahina. »

Bien que les Français refusent de reconnaître officiellement la réalité de telles listes, les témoignages que nous avons recueillis confirment leur existence. Il est clair que les ­services ne tiennent pas à laisser en vie des ­combattants français qui parviendraient à échapper à l’encerclement, puis aux services irakiens.

Le « Wall Street Journal » s’interrogeait sur ces opérations clandestines et leur légalité. L’Etat français n’est pas prêt à accepter le retour de ressortissants qui ont choisi de combattre au côté d’une organisation contre laquelle il lutte.

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La période est d’autant plus cruciale que, l’effondrement de l’EI se profilant, l’organisation va tenter de continuer la guerre en systématisant les actes de terrorisme sur le sol des pays ennemis. Le récent attentat de Téhéran, le 7 juin, témoigne de cette diversification.

Pour cette raison, tous les renseignements concernant les djihadistes – français et autres – sont activement recherchés par les services antiterroristes. D’autant que, comme nous le confiait Ali le photographe, dans les semaines précédant la chute de Mossoul, ses « clients » ne recherchaient plus des voitures mais des motos, plus rapides pour s’enfuir et échapper à la ­surveillance des drones de la coalition.

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