La plainte de l’homme à moto qui avait percuté la portière d’une voiture de police classée sans suite


Un homme de 30 ans s'est gravement blessé à une jambe après avoir percuté une voiture de police le 18 avril à Villeneuve-la-Garenne. (captures écran vidéo/DR)

Un homme à moto s’était fracturé la jambe après avoir violemment percuté la portière d’une voiture de police à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) en avril dernier. Sa plainte vient d’être classée sans suite par le parquet.


L’affaire avait provoqué une vague de violences urbaines. Mouldi C., 30 ans, était sur une motocross de 80 cm3 non homologuée ce 18 avril 2020 à Villeneuve-la-Garenne, lorsqu’il a percuté la portière d’une voiture de police banalisée, arrêtée à un feu rouge. Ce dernier qui était sous l’emprise du cannabis et sans casque au moment des faits, avait été grièvement blessé à une jambe et hospitalisé. Il s’était vu attribuer trois mois d’Incapacité totale de travail (ITT).

Des images montrant le trentenaire blessé au sol, avaient été diffusées sur les réseaux sociaux et avaient entraîné des violences urbaines. Certains internautes affirmaient que Mouldi C. avait une jambe amputée, ce qui n’était pas le cas.

Par ailleurs, Mouldi C. était sorti de chez lui sans attestation de sortie, durant ce premier confinement lié à l’épidémie de coronavirus. Il était sous contrôle judiciaire lorsqu’il a été blessé dans cet accident, « depuis le 16 mars 2020, pour des faits de menaces de mort matérialisées par un objet (un hachoir) », avait mentionné le parquet.

Le trentenaire avait déposé plainte et une enquête avait été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) afin de déterminer si les policiers de la Brigade anticriminalité de nuit des Hauts-de-Seine (BAC 92N), avaient commis une faute, et si le fonctionnaire avait délibérément ouvert sa portière pour blesser l’homme à moto. Les premiers éléments de l’enquête avaient écarté l’hypothèse d’une « bavure ». Le parquet de Nanterre a annoncé ce vendredi que cette plainte avait été classée sans suite.


L’homme sera jugé ce mardi

L’enquête a mis en cause le comportement de cet homme à moto qui avait consommé des stupéfiants et qui faisait des zig-zag entre les voitures, à une vitesse excessive, grillant des feux tricolores. La sûreté départementale des Hauts-de-Seine avait été chargée d’une enquête visant Mouldi C. qui sera jugé ce mardi 8 décembre pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « conduite sous l’emprise de stupéfiants en récidive« .

L’avocat du prévenu, Me Stéphane Gas, a mis en doute l’indépendance du procureur vis à vis de la police et a l’intention de relancer la plainte de son client, ainsi que d’obtenir la saisie d’un juge d’instruction.