Landes : Pour prendre la place de sa collègue, il l’attaque avec de l’acide et la défigure


Illustration. (Shutterstock)

Un homme a été mis en examen vendredi dernier dans les Landes pour une tentative d’assassinat, accusé d’avoir attaqué sa collègue de travail avec de l’acide. Cette dernière a été défigurée. Le mis en cause s’est donné la mort dans sa cellule de prison.

Il venait d’être embauché dans une boulangerie dans le village de Mugron près de Dax (Gironde) lorsqu’il a attaqué sa collègue dans un guet-apens. Au début du mois d’octobre, Fabien T. a été reçu pour un entretien par le patron de ce petit commerce. « Un homme présentable et ouvert d’esprit », a raconté le gérant, interrogé par Le Parisien.

Satisfait par son travail, le patron de la boulangerie lui a proposé un CDI à partir du mois de décembre, lui indiquant qu’il allait travailler en binôme avec Isidra qui travaille à la boulangerie de Montfort-en-Chalosse depuis plus de 10 ans. L’un travaillera le matin, l’autre l’après-midi.

De l’acide projeté sur son visage

Tout a basculé le vendredi 18 octobre au matin. Isidra n’est pas arrivée au travail. Inquiet, le gérant a demandé à sa femme de se rendre chez son employée de 65 ans, afin de s’assurer que tout allait bien pour elle. Elle est donc allée à Laurède, à environ 5 kilomètres et a trouvé l’employée assise dans sa voiture, grièvement brûlée au visage. La victime lui a expliqué qu’elle venait d’être agressée par un homme.

Le gérant est rapidement arrivé sur place, prévenu par sa femme. L’employée avait un foulard sur le visage, ses yeux étaient blancs et son nez avait disparu. « J’avais l’impression d’être dans un film d’horreur », raconte-t-il. Isidra a été amenée à l’hôpital alors que son pronostic vital était engagé. Cette dernière aurait ingéré de l’acide. Fort heureusement, les médecins ont réussi à sauver ses yeux, mais la sexagénaire est défigurée.


Son téléphone a borné près du domicile de la victime ce matin-là

Face à la grave blessure de son employée, le patron de la boulangerie a demandé à Fabien T. de prendre la place d’Isidra. « C’est fou qu’ils n’arrivent pas à trouver qui a fait ça », aurait déclaré ce dernier à une commerçante, durant cette période de remplacement. Mais très vite, les gendarmes ont découvert des éléments mettant en cause directement cet homme qui aurait en fait tendu un guet-apens à la victime selon le procureur de la République Olivier Janson.

Le téléphone de Fabien T. a borné près du domicile d’Isidra ce matin-là. Les enquêteurs ont aussi mis la main sur des vidéosurveillances montrant le suspect âgé d’une cinquantaine d’années, acheter du produit ménager de type acide, dans un supermarché.

Il nie les faits

Fabien T. a été interpellé le 11 décembre dernier. Inconnu de la justice, le suspect a nié les faits et n’a « montré aucune inquiétude » ni « aucune empathie envers la victime » précise une source proche de l’enquête citée par le quotidien.

L’homme a ensuite été mis en examen et placé en détention provisoire au centre pénitentiaire de Pémégnan, à Mont-de-Marsan ce vendredi 13 décembre. « Il a imaginé qu’elle (Isidra, ndlr) était sa rivale pour ce poste, même s’il ne connaissait presque pas cette femme », selon cette même source.

Un suicide et une lettre

Le suspect s’est suicidé par pendaison dans sa cellule, dans la nuit de mercredi à jeudi a annoncé le procureur de la République.

Il a utilisé un pantalon de jogging pour se pendre aux barreaux de la fenêtre de sa cellule. Le suspect a laissé une lettre dans laquelle il ne donne pas les raisons de son geste, mais confirme sa volonté de mettre fin à ses jours explique France Bleu. Dans son récit, il n’évoque pas sa mise en examen ni les faits qui lui sont reprochés.

L’instruction judiciaire se poursuit malgré le décès du suspect. Des résultats d’analyses ADN sont toujours attendus.