Le Parquet national financier ouvre une enquête préliminaire qui vise Ségolène Royal


Ségolène Royal le 20 octobre 2018. (photo Arctic Circle/Flickr)

Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire visant l’ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique, Ségolène Royal.


L’information a été révélée ce mercredi par la cellule investigation de Radio France de source judiciaire. Le PNF a ouvert une enquête préliminaire qui vise Ségolène Royal. Les investigations ont été confiées à la brigade de répression de la délinquance économique.

L’ouverture de cette enquête fait suite aux révélations de cette même cellule le 15 novembre dernier. « Les collaborateurs de Ségolène Royal au ministère des Affaires étrangères sont parfois vus sur des missions qui semblent assez éloignées de la diplomatie polaire », explique la cellule dans un article détaillé.

L’enquête du PNF vise donc à vérifier l’utilisation des moyens de l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007, mis à sa disposition par le Quai d’Orsay et le ministère de la Transition écologique.

Trois collaborateurs et une enveloppe de 100 000 euros

Ces deux ministères se partagent le financement des trois collaborateurs qui travaillent avec l’ancienne ministre, mais également le montant de l’enveloppe (100 000 euros) mis à la disposition de cette dernière pour ses frais de mission et de représentation.


Ségolène Royal aurait utilisé ses fonds pour des missions qui semblent très éloignées de sa fonction, dans laquelle elle a été nommée en septembre 2017. L’assistante personnelle de l’ex-ministre de François Hollande a par exemple été aperçue en province lors de séances de dédicaces de son livre, ou encore son conseiller l’accompagnant au zoo de Beauval ou sur l’inauguration d’une aire de covoiturage.

« Je comprends par cette lettre que le Président de la République va mettre fin à mes fonctions »

L’ambassadrice a annoncé ce mardi sur Facebook que son « licenciement » était imminent, diffusant la photo d’un courrier du ministère de l’Europe et des Affaire étrangères. « Je ne suis pas convoquée car le licenciement de cette mission bénévole sur les pôles a déjà eu lieu, sans entretien préalable, comme indiqué dans la lettre ci-jointe », indique-t-elle.

« Je comprends par cette lettre que le Président de la République va mettre fin à mes fonctions à un prochain conseil des ministres puisque je n’ai pas l’intention de renoncer à ma liberté d’opinion et d’expression garantis par la Constitution« , affirme Ségolène Royal.

 

A la mi-décembre, l’ex-ministre avait estimé qu’Emmanuel Macron était « bien-sûr » le responsable de la crise sociale actuelle et avait dénoncer « la brutalité de cette réforme des retraites », réclamant dans le même temps son retrait.