Le président de la fédération des chasseurs propose de «piéger les chats» et s’explique


Illustration. (Wikimedia)

Une vaste polémique est née des propos du président de la fédération nationale des chasseurs, qui s’est positionné en faveur du « piégeage » des chats lorsqu’ils se trouvent à plus de 300 mètres d’une habitation. Il s’en explique.


Les internautes ont vivement réagi après que le président de la fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, a déclaré qu’il était en faveur du « piégeage » des chats qui se trouveraient à plus de 300 mètres d’une habitation.

Lorsqu’il a abordé le sujet, lors d’une vidéo diffusée en direct sur Facebook le 4 mai dernier, il a laissé entendre que ses propos pourraient susciter des réactions. Cela a bien été le cas.

« On nous reproche la chasse, on nous reproche la corrida, on nous reproche les combats de coqs, on nous reproche plein de choses alors maintenant, si on piège les chats, je ne vous dis pas à quoi ça va ressembler », a concédé Willy Schraen juste après avoir émis l’idée d’attraper les chats via des pièges posés à cet effet. Pour le président de la fédération nationale des chasseurs, cette mesure serait utile pour protéger la biodiversité.

Viser les chats sauvages

« Il y a un moment, on va finir par devoir agir sur le chat. Le chat tue […] bien plus d’animaux que les chasseurs, c’est même pas à comparer. Il faut trouver une solution », a-t-il avancé durant le live Facebook diffusé sur la page du magazine Chassons.com. « Le problème […] c’est que c’est un animal extrêmement chasseur, c’est dans ses gênes, il chasse tout le temps », explique-t-il.


Selon Willy Schraen, dans d’autres pays comme l’Australie, « vous devez clôturer votre jardin comme une cage pour ne pas laisser sortir votre chat, et si votre chat sort, vous avez un PV ». Il existe même une « déclaration nationale des chats sauvages comme parasites » dans ce pays.

L’idée porte avant tout sur la prolifération des chats sauvages, qui ne sont pas stérilisés et se reproduisent sans contrôle. D’autant qu’ils chassent davantage car ils ne bénéficient pas de nourriture fournie quotidiennement comme les chats domestiques.

Les réseaux sociaux s’enflamment

Sa prise de position en faveur d’un tel procédé a été soulignée par le journaliste Hugo Clément, qui a publié la séquence trois jours plus tard sur ses comptes de réseaux sociaux.

« Certes, les chats sont un problème pour certaines espèces d’oiseaux. C’est pour cela que les associations demandent de limiter leur nombre en les stérilisant massivement », a commenté le journaliste. « Mais mettre le recul de la biodiversité sur le dos des chats est particulièrement cocasse venant de l’espèce humaine », a-t-il ensuite taclé.

Les commentaires d’internautes vent debout contre cette méthode ont afflué. Les insultes à l’encontre de Willy Schraen également. Une pétition a même été créée pour que le président de la fédération des chasseurs soit « puni pour ses dires ».


Au contraire, certaines associations de protection de la biodiversité, comme par exemple la Ligue de protection des oiseaux (LPO), évoquent le nombre important d’animaux tués par les chats et leur impact environnemental.

« En 2017, plus de 11% des animaux accueillis en centres de sauvegarde LPO furent des animaux blessés par des chats : 84% sont des oiseaux, 16% sont des mammifères ou des reptiles », a précisé la Ligue de protection des oiseaux.