Les policiers sont à bout à Carcassonne : près de 30 fonctionnaires sont en arrêt maladie


Le commissariat de Carcassonne. (photo Google)

Les policiers de Carcassonne (Aude) sont au bout du rouleau. Les arrêts maladie se multiplient et dix fonctionnaires sont arrêtés pour une blessure en service.

C’est un véritable mouvement de ras-le-bol qui touche le commissariat de Carcassonne ces derniers jours. 27 policiers étaient en arrêt maladie ce lundi et dix autres étaient arrêtés pour une blessure en service indique L’Indépendant. « Nous n’avons quasiment pas un seul titulaire sur les brigades de jour », constate le secrétaire régional du syndicat Alliance Police Nationale, David Leyraud.

Les causes de cette crise sont multiples. D’abord, les attentats de 2018 qui ont choqué bon nombre de policiers. Les inondations aussi, et les nombreuses manifestations de Gilets jaunes souvent théâtre de violences, mais également les agressions de plus en plus violentes envers les forces de l’ordre. A cela, il faut ajouter les propos du chef de l’État Emmanuel Macron au début du mois de décembre lors d’une interview à Brut, qui ont provoqué une vague de colère dans les rangs policiers.

« La refonte du cycle de travail qui leur a été refusée a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », explique David Leyraud à France 3. « Ils demandent à être de repos un week-end sur deux et non plus un sur six. Cela leur permettrait de se ressourcer, de lâcher prise, et d’avoir une vie de famille pour mieux supporter la pression au quotidien, mais cela leur a été refusé ».

« Nous n’avons pas eu de nouvelles de la direction »

Un cycle horaire « impossible à mettre en place car nous n’avons pas les effectifs suffisants », réagit Guillaume Carabin, l’adjoint au Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) de l’Aude, qui affirme que les policiers de nuit ne sont pas d’accord avec cette réforme, ce qui empêche sa mise en œuvre. David Leyraud affirme de son côté avoir fait une proposition sur ce sujet, qui convient à ses collègues de nuit et de jour. « Nous n’avons pas eu de nouvelles de la direction », assure-t-il.

La semaine dernière, près de 250 policiers ont déposé une demande de rupture conventionnelle en vue de leur démission, dans l’Isère et la Loire.