Lorient : Le chauffard qui a tué un enfant et blessé grièvement un second écope de 6 ans de prison


Une marche blanche avait eu lieu le 13 juin 2019 après le décès d'un enfant 10 ans et les graves blessures de son cousin de 7 ans, à Lorient. (photo Béatrice Le Grand/PhotoPQR/Maxppp)

Le chauffard de 22 ans, Kylian Le Reste, a écopé d’une peine de cinq ans de prison ferme pour avoir mortellement percuté, avec son véhicule, un enfant de 9 ans et blessé grièvement un autre de 7 ans, en juin 2019 à Lorient (Morbihan). La jeune femme qui était passagère dans la voiture au moment des faits a été quant à elle condamnée à un an de prison avec sursis.

L’affaire avait provoqué une vague d’émotion dans le pays. Le 9 juin 2019, Kylian Le Reste était au volant d’une voiture à bord de laquelle se trouvait aussi Gaëlle Taugeron, son ex-compagne. Le chauffard avait déjà percuté une voiture au petit matin, sans faire de blessé.

Le drame est survenu lorsque le conducteur de 22 ans a tenté d’échapper au contrôle d’un équipage de gendarmerie, à Lorient. A la sortie du rond-point du centre commercial de Keryado vers 17h30, alors qu’il roulait à plus de 70 km/h, Kylian Le Reste a percuté violemment trois enfants. Bünyamin Arslan, 9 ans, est décédé quelques instants plus tard.

Son cousin, Samet, 7 ans, a été très grièvement blessé. Une Incapacité totale de travail (ITT) de 180 jours lui a été attribuée à ce stade. Il est aujourd’hui handicapé et a notamment perdu l’usage d’un bras. L’enfant doit être assisté pour tous les actes de la vie courante. La troisième victime, Diyar, un autre cousin de 10 ans, a été plus légèrement blessé. Il reste traumatisé et souffre de troubles du sommeil a expliqué son père.

Interpellé dix jours plus tard dans un hôtel

Kylian Le Reste ne s’est pas arrêté et a pris la fuite. Il avait abandonné sa voiture, une Citroën Nemo, un peu plus loin. Après dix jours de cavale, le suspect avait été interpellé par la police dans un hôtel situé sur la commune de Lanester, près de Lorient. Sa photo et celle de sa passagère avaient été diffusées par les enquêteurs et un appel à témoins avait été lancé. C’est une femme de ménage de cet hôtel qui a reconnu le mis en cause. Au moment de son interpellation, Gaëlle Taugeron s’était déjà rendue à la police et avait été mise en examen.

 

« Je n’ai pas souvenir de les avoir vus »

« Ça s’est passé tellement vite, entre le stress, l’adrénaline, je n’arrivais pas à contrôler tout ça. Je n’ai pas souvenir de les avoir vus », a déclaré le prévenu lors de l’audience au tribunal de grande instance (TGI) de Lorient, rapporte BFMTV. Il était jugé pour homicide involontaire aggravé, blessures involontaires, conduite sans permis avec récidive et non assistance à mineur en danger. Neuf jours avant le drame, Kylian Le Reste avait été interpellé alors qu’il était passager dans une voiture, car il avait sur lui plusieurs centaines d’euros et 2,47 grammes d’herbe de cannabis. Il n’a pas assisté à son procès au mois de décembre dernier, alors qu’il avait été remis en liberté le 30 octobre, et a écopé d’une peine de trois mois de prison ferme.

De son côté, Gaëlle Taugeron était jugée pour pour non-assistance à mineur de 15 ans en danger. Elle a affirmé lors du procès avoir eu « conscience des chocs » mais pensait qu’il s’agissait du trottoir. « Je ne savais pas où je regardais, j’étais apeurée ».

« Il est décédé sous mes yeux »

Un témoin de cette terrible scène, qu’il a qualifiée « de guerre », s’est lui aussi exprimé lors de l’audience, très ému. « J’ai vu les corps des enfants rebondir sur la porte du garage (…) Quand je suis arrivé, le corps d’un des enfants semblait désarticulé. Quelques secondes après mon arrivée, il est décédé sous mes yeux », a décrit Cédric Raverdy.

Le parquet avait requis huit ans de prison ferme

Le parquet a requis une peine de 8 ans de prison ferme contre Kylian Le Reste et une amende de 150 euros avec interdiction de repasser le permis pendant dix ans. Le prévenu a écopé de six ans de prison dont un an avec sursis probatoire pendant trois ans, assortis d’une obligation de travailler, d’indemniser les victimes, et d’une interdiction de paraître à Lorient. Un mandat de dépôt a été délivré, il a été amené en prison à l’issue du procès.

Gaëlle Taugeron a écopé de son côté d’un an de prison assorti d’un sursis probatoire de deux ans et d’une obligation de travail et de soins. Le parquet avait requis un an de sursis à son encontre.