Manifestation des soignants à Paris : des CRS auraient été la cible d’un jet de produit chimique


Illustration. (Alexandros Michailidis / Shutterstock)

Des policiers engagés sur l’opération de maintien de l’ordre lors de la manifestation des soignants à Paris, le 16 juin dernier, ont ressenti des « symptômes incapacitants ».

Des CRS auraient été la cible d’une agression avec un produit chimique, le tétrachlorure de titane (TiCl4), ce mardi 16 juin, au cours de la manifestation des soignants à Paris qui a dégénéré sur l’esplanade des Invalides (VIIe). 32 personnes ont été interpellées et au moins 14 policiers blessés au cours des violents affrontements.

Le laboratoire central de la préfecture de police de Paris a été sollicité par la Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité (DCCRS) et a réalisé des analyses après le récit de plusieurs policiers de la CRS 52 de Sancerre et ceux de la CRS 23 de Charleville-Mézière.

Ces derniers ont expliqué avoir été victimes du « jet d’un objet de forme sphérique de couleur sombre qui s’est brisé à l’impact sur la voie publique », mentionne une note d’information du laboratoire central que nous avons consultée, confirmant une information de LCI.

« Le système respiratoire a été impacté et de vives sensations de brûlures ont été ressenties »

Après l’impact, les fonctionnaires ont décrit un nuage de fumée de couleur blanche et une pluie fine de « peinture » avec une odeur de produit chimique. Ils ont « rapidement été irrités au niveau de la peau, du visage et des yeux », explique la note. « Le système respiratoire a été impacté et de vives sensations de brûlures ont été ressenties, accompagnées de nausées ».


Le laboratoire estime qu’il est « fortement probable » qu’une ampoule en verre contenant du tétrachlorure de titane (TiCl4) a été utilisée contre les policiers. Combiné à d’autres réactifs, ce produit toxique était utilisé par les unités de maintien de l’ordre avant la généralisation de l’utilisation des produits lacrymogènes précise-t-on.

Il a ensuite été abandonné face à sa dangerosité, liée notamment à un effet irritant et incapacitant puissant, au niveau des voies respiratoires, ainsi qu’une sensation de brûlures au contact de la peau.

Un prélèvement a été réalisé sur le bouclier d’un CRS

Des examens sont toujours en cours afin d’identifier la nature exact du produit qui a été utilisé contre les forces de l’ordre. Un prélèvement a été réalisé sur le bouclier d’un CRS. La note précise que le TiCl4 est « parfois retrouvé dans les déchetteries ou dans les caves ».