🇫🇷 Mantes-la-Jolie : Les images de lycéens interpellés et agenouillés mains sur la tête sont-elles vraiment choquantes ?

par Y.C.
(capture écran Twitter)

Une nouvelle journée de mobilisation de lycéens s’est déroulée ce jeudi à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Comme les jours précédents, de violents incidents ont éclaté. Mais cette fois, la police a choisi d’interpeller les fauteurs de troubles très tôt. 153 personnes ont été arrêtées.

Depuis mardi, les lycéens de plusieurs établissements de Mantes-la-Jolie s’étaient rassemblés, incendiant des poubelles et des véhicules. Les forces de l’ordre ont aussi été caillassées à plusieurs reprises. Des passants ont également été agressés et du mobilier urbain a été dégradé.

C’est dans ce climat que la police a décidé de ne pas laisser se répéter des scènes de violences. 200 individus se sont rassemblés dès 9h30 ce jeudi. Les policiers ont de nouveau été caillassés. Plusieurs voitures ont été retournées et incendiées. Un automobiliste a été agressé et dépossédé de ses affaires.

La situation va prendre un tournant vers 11h30, lorsqu’une trentaine de policiers équipés de matériel de maintien de l’ordre ont repoussé environ 150 jeunes, qui les ont caillassés, raconte 78actu. Les fonctionnaires ont reçu des barres de fer, des pavés et des bouteilles. Ils ont alors effectué une charge.

Les émeutiers ont été pris en tenaille par d’autres policiers et se sont réfugiés dans les locaux des Restos du Cœur. Ils ont alors été interpellés.

37 individus munis d’armes

153 personnes ont été arrêtées selon un dernier décompte. Les mis en cause sont âgés de 12 à 19 ans selon plusieurs sources concordantes. 37 d’entre-eux étaient munis d’armes par destination telles que des marteaux, des cailloux ou des barres de fer indique 78Actu. Certains avaient aussi des protections de type protèges-tibias.

Parmi les interpellés, des lycéens habitant à Mantes-la-Jolie mais aussi aux Mureaux ou à Limay. Une précision qui démontre une volonté de mener des violences urbaines, en dehors de toutes revendications lycéennes.

Une vidéo qui a vite fait réagir

Des images ont été diffusées sur les réseaux sociaux ce jeudi soir et ont provoqué de vives réactions. Son auteur qui reste pour l’heure inconnu, déclare : « voilà une classe qui se tient sage ! » tout en filmant.

Plusieurs élus et internautes évoquent des « images choquantes » ou « inacceptables ». Sur ces images, on aperçoit plusieurs dizaines de jeunes agenouillés, les mains sur la tête, dans le calme. D’autres sont assis.

Comme le montre cette vidéo, certains des interpellés ont été menottés comme le code de procédure pénale le permet, d’autres ont été entravés à l’aide de serflex en plastique, une méthode alternative régulièrement utilisée. Mais la majorité n’a pu être entravée par manque de matériel.

Une mesure de sécurité

Si au premier regard ces images peuvent apparaître choquantes, il est nécessaire de replacer la situation dans son contexte et dans le cadre d’une mesure de sécurité fondamentale. D’abord parce-que les policiers ne sont pas en nombre suffisant pour « surveiller » l’ensemble des interpellés facilement, comme le montre une autre vidéo.

Ensuite parce-qu’à partir du moment où ils sont interpellés, les adolescents sont placés sous la responsabilité des forces de l’ordre. Par ailleurs, imaginer que les interpellés peuvent une nouvelle fois se montrer violents envers les policiers est une hypothèse qui ne peut être écartée par les forces de l’ordre.

Comme souvent dans des interpellations multiples, la priorité est donnée à la sécurité et à la volonté de faire en sorte que personne ne prenne la fuite. L’un des interpellés a d’ailleurs tenté de s’enfuir, mais a été rapidement rattrapé.

Les policiers ont du répartir les mis en cause dans plusieurs commissariats du département. Une répartition qui a pris plusieurs heures.

Cocktails Molotov et bouteilles de gaz jetées au feu

Des mesures strictes qui font suite à deux jours de violences. La veille, la situation avait complètement dégénéré. Les policiers avaient été la cible de cocktails Molotov et de jets de pierres. Plusieurs bouteilles de gaz avaient été retrouvées par les forces de l’ordre, non loin du lycée Jean-Rostand. Certaines avaient été jetées dans des bennes à ordures incendiées. Aucune n’avait heureusement explosé. Plusieurs véhicules avaient aussi été brûlés.

Des bonbonnes de gaz ont été découvertes à proximité du lycée Jean-Rostand.

« La situation devenait dangereuse pour tout le monde »

« Il fallait interrompre ce processus incontrôlé. Ces jeunes ne savaient plus ce qu’ils faisaient. Hier, par exemple, ils jetaient des bouteilles de gaz dans les flammes. Selon les pompiers, cinq minutes de plus, et ça explosait. La situation devenait dangereuse pour tout le monde » a expliqué le commissaire de Mantes-la-Jolie, Arnaud Verhille, à 78Actu.

Le ministère de l’Intérieur a rapidement réagi

«De violentes échauffourées opposant les forces de l’ordre à des individus dans le quartier de Val-Fourré, près du lycée Jules-Saint-Exupéry. À 12h20, 122 étaient interpellés et placés en garde à vue pour participation à un groupement en vue de la préparation à des violences volontaires ou des destructions ou dégradations» a commenté le ministère de l’Intérieur dans un communiqué ce jeudi soir à 23h30.

« L’interpellation d’un nombre aussi important d’individus a nécessité de prendre des mesures de sécurité complémentaires » précise le communiqué. « 37 des présents, la plupart encagoulés, étaient trouvés porteurs de bâtons, battes de base-ball et conteneurs de gaz lacrymogène » indique le récit de la place Beauvau.

Plus de 700 personnes ont été interpellées ce jeudi en France, lors des incidents liés aux mobilisations de lycéens.