Marne : Il tue le petit-ami d’une jeune femme de 19 ans, l’enlève et la viole


Illustration. (Adobe Stock)

Un homme de 41 ans a été mis en examen et écroué ce dimanche pour avoir tué un étudiant à Courville (Marne), puis enlevé et violé la petite-amie de ce dernier. Le quadragénaire est bien connu de la police et de la justice pour avoir été condamné à 27 reprises par le passé. Il a déjà passé un peu plus de la moitié de sa vie en prison.

C’est une affaire terrifiante qui s’est déroulée ce jeudi soir vers 20 heures, à Courville dans la Marne, à quelques kilomètres du village où le couple vivait. Le procureur de la République de Rems, Matthieu Bourette et le commandant du groupement de gendarmerie de la Marne, Bruno Louvet, ont tenu une conférence de presse ce dimanche soir pour détailler le déroulement des faits.

Les victimes – un jeune couple de 19 ans – ont croisé le chemin du mis en cause, Rudy Carlin, un Rémois toxicomane de 41 ans. Cet homme était sorti de prison en mars 2020, après avoir purgé une peine de deux ans d’emprisonnement prononcée par le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne, en août 2018. Depuis 1998 et 2018, il a été condamné à 27 reprises et a cumulé 268 mois de prison soit 22 ans, principalement pour des faits de vols, ou vols aggravés, infractions routières, et plus ponctuellement des faits de violences, ou d’enlèvement. Il avait purgé l’ensemble de ses peines et ne faisait pas l’objet d’un sursis probatoire, ni d’aucun suivi judiciaire.

Tué d’un coup de fusil dans le ventre à bout portant

Le soir du drame, le couple s’était arrêté sur un parking à Courville en se demandant ce qu’il allait faire de sa soirée. C’est alors que Rudy Carlin est arrivé au volant d’une Audi noire volée. Il a demandé aux deux jeunes « s’ils savaient où l’on pouvait acheter du shit », a expliqué le procureur de la République, citée par France Bleu. L’homme est alors descendu armé d’un fusil.

Face à leur agresseur, les victimes ont tenté de prendre la fuite mais n’ont pas réussi à démarrer. Rudy Carlin les a braquées et a ordonné au jeune homme de descendre de sa voiture, mais également à sa compagne de monter dans le coffre de son Audi. Son ami a alors tenté de s’interposer. L’agresseur a ouvert le feu et a touché la victime au niveau de l’abdomen. Le jeune homme s’est effondré et décédera peu après, à l’hôpital. L’autopsie a montré que le coup de feu avait été tiré à moins d’un mètre de distance, provoquant une importante hémorragie qui s’est donc révélée mortelle.

« Une fille à qui faire l’amour »

Rudy Carlin a ensuite ordonné à sa petite-amie de monter dans le coffre de sa voiture. Ce qu’elle a fini par faire. La jeune femme de 19 ans avait conservé son téléphone et a alerté les sapeurs-pompiers, qui ont prévenu ensuite les gendarmes. Elle en a profité pour prévenir sa mère. Mais le ravisseur s’est rendu compte que sa victime avait un téléphone. Il s’est arrêté et lui a pris avant de le jeter dans la nature. La jeune femme a alors été menacée et le quadragénaire lui a déclaré qu’il sortait de prison et « qu’il cherchait une fille à qui faire l’amour ».

La victime a été ligotée au niveau des genoux avec une ceinture et au niveau des mains avec un t-shirt. Elle a pu s’asseoir à l’arrière de la voiture. L’auteur des faits, également armé d’un couteau, lui a promis de la libérer une fois qu’il aurait fait le plein d’essence. L’agresseur s’est arrêté à Saint-Hilaire-le-Grand et a détaché la jeune femme, vers 22h30 selon son récit. Une discussion a débuté et la victime a tout fait pour faire parler son ravisseur et ainsi éviter une agression sexuelle ou un viol. Rudy Carlin s’est alors confié à elle, faisant part de sa vie en prison, évoquant sa famille et sa vie amoureuse. Il a ensuite lâché « qu’il se sentait obligé de la violer, car il n’avait pas tiré sur son copain pour rien ».

L’homme a bu de la vodka avec du jus d’orange, a fumé du cannabis et a vraisemblablement pris des produits de substitution. Vers 6 heures, la jeune femme a été agressée et violée après avoir été forcée de se déshabiller partiellement. « Elle cherchait à se soustraire à ces agressions sans succès, et le rappel de sa jeunesse, son souhait de ne pas tomber enceinte ou de ne pas avoir de maladie sexuellement transmissible n’émouvaient en rien son agresseur, qui lui répondait qu’elle « le faisait chier » », a raconté le procureur de la République.

Après cet horrible calvaire, la victime a réussi à convaincre son agresseur de la libérer. Elle a été relâchée au rond-point de la commune de Gueux. Rudy Carlin lui a laissé une couverture et lui a laissé appelé sa mère en utilisant son propre téléphone portable. Elle s’est ensuite réfugiée rapidement à la gendarmerie située à quelques centaines de mètres.

Interpellé par le GIGN

Les enquêteurs de la section de recherches (SR) de Reims n’ont pas mis longtemps à identifier le mis en cause, en faisant notamment un travail de téléphonie, étant donné qu’il avait prêté son appareil à la victime. Cette dernière l’a formellement reconnu sur des photos que les gendarmes lui ont présentées.

Le mis en cause a été interpellé par les hommes de l’antenne du GIGN de Reims ce vendredi soir alors qu’il se trouvait dehors, sans son arme à feu. Il a été maîtrisé après avoir tenté de fuir. L’auteur présumé a été placé en garde à vue. Sa voiture et ses armes avaient été dérobées quelques jours plus tôt dans l’Aisne, à l’une de ses connaissances.

Devant les gendarmes, il est rapidement passé aux aveux et a reconnu l’ensemble des faits, précisant au sujet du meurtre du jeune homme, qu’il s’agissait d’un accident. « Il indiquait avoir tiré au niveau du ventre, pensant que la blessure n’était pas grave s’agissant de plombs, et que le monde qui se trouvait à proximité allait venir le secourir », a détaillé Matthieu Bourette. « Il se qualifiait de dingue, de gentil et de méchant. Il se rendait compte de la gravité des faits ajoutant ‘tout ça pour un rapport sexuel de merde’ ».

Rudy Carlin a été déféré puis mis en examen et placé en détention provisoire ce dimanche. Une information judiciaire a été ouverte des chefs de meurtre en récidive – pour avoir été condamné pour un délit passible de 10 ans d’emprisonnement en 2002 (détention de produits stupéfiants) -, suivi de viols en récidive, enlèvement et séquestration suivi d’une libération volontaire avant le 7ème jour, agressions sexuelles, vols en récidive. Il risque désormais la réclusion criminelle à perpétuité.