Marseille : 2 policiers suspendus, un mois après avoir écopé d’une peine de prison ferme pour des violences


Illustration. (Shutterstock)

En mai dernier, deux policiers ont été condamnés à une peine de prison ferme pour des violences volontaires commises sur un adolescent de 16 ans. Ils ont fait appel de ce jugement et continuaient d’exercer, jusqu’à ce qu’un journaliste de 20 minutes contacte leur direction d’emploi à ce sujet.

La direction départementale de la sécurité publique (DDSP) des Bouches-du-Rhône a reçu des arrêtés de suspension, ce mercredi, concernant deux fonctionnaires de police condamnés le 14 mai dernier à de la prison ferme, a déclaré son porte-parole.

Le 14 mai dernier, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné en première instance ces deux policiers à 4 ans de prison dont deux ans ferme. Une peine venue sanctionner des « violences volontaires aggravées » commises sur un adolescent de 16 ans, en février 2018.

L’appel d’un journaliste à la DDSP aurait-il précipité la décision ?

Les fonctionnaires, un brigadier-chef et un gardien de la paix, ont fait appel de cette décision, comme l’avait annoncé leur avocat Me Laurent-Franck Lienard que nous avions interrogé, et sont libres. Jusqu’à ce jeudi, ils continuaient d’ailleurs d’exercer leur profession au sein de la Compagnie d’intervention et de sécurisation (CSI), relate 20 Minutes.

Mais ce n’est plus le cas. Leur suspension administrative est devenue effective ce jeudi, le jour même où le journal 20 Minutes a révélé que ces deux policiers étaient jusqu’ici toujours en activité malgré leur condamnation.


Pour l’avocate de l’adolescent, aucun doute : il y a une relation de cause à effet entre l’appel téléphonique du journaliste à leur direction d’emploi et la mise en place effective de cette suspension.

Aucun lien, pour la hiérarchie policière

De son côté, la DDSP des Bouches-du-Rhône a assuré que le délai « correspond au temps de la procédure », précisant que « ça ne se fait pas du jour au lendemain ».

Les deux policiers ont été condamnés le mois dernier pour avoir roué de coups un adolescent de 16 ans dans une petite rue des quartiers Nord de Marseille, un soir de février 2018. 15 jours d’Incapacité totale de travail (ITT) lui avaient été délivrés.

Les policiers ont fait appel de leur condamnation

Ils ont toujours nié farouchement avoir été impliqués de près ou de loin dans cette agression. Le tribunal s’était notamment basé sur les dires de l’adolescent pour tenter de déterminer ce qui s’était déroulé ce soir-là.

L’avocat des policiers, Me Laurent-Franck Lienard, a déclaré qu’il déplorait que les éléments de doute soulevés par la défense dans ce dossier n’aient pas été entendus. Les deux fonctionnaires ont fait appel de ce jugement « en espérant que la cour aura une lecture différente de ce dossier ». En attendant, ils sont désormais suspendus de leurs fonctions.