🇫🇷 #Marseille Sécurité des plages : casse-tête au sujet de l’armement des policiers.

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La plupart des policiers ne sont pas armés sur les plages. Quelle riposte offrir si un tireur passait à l’acte ? Enquête du journal La Provence.

« L’espérance est un risque à courir », écrivait Georges Bernanos. Sur les plages de Marseille et du département, on espère donc avec force et linéarité.

On ose concevoir qu’aucun incident majeur ne viendra troubler cet été aussi chaud que festif, cette saison schizophrène qui chemine entre évidente décontraction et crispation permanente de voir le pire ressurgir, 14 juillet niçois oblige.

Car depuis les plages marseillaises monte une inquiétude sourde. Celle des policiers qui, pour la plupart, ne sont pas armés. Chaque jour, les statistiques mutent, selon les équipes, les volontés, les tiraillements, les états d’âme et les consciences. Sur les 11 postes qui permettent de surveiller 15 sites, la semaine dernière, seuls trois policiers titulaires étaient armés : Prado-Sud, Bonneveine et Corbières. Sur les autres plages, à Prado-Nord, Borély, Pointe Rouge, Sormiou, au Prophète, au Frioul, aux Catalans ou à l’Huveaune, les fonctionnaires ont préféré ne pas prendre leur arme. Libéral et ouvert, Jean-Marie Salanova, le directeur départemental de la sécurité publique, a laissé le choix à ses hommes. Il est vrai qu’il est difficile d’exercer ce métier sur le sable avec un pistolet à la taille.

La gravité de l’équipement contraste d’évidence avec le dilettantisme estival. Et pourtant, explique Jean-Marie Salanova, « l’an dernier, j’ai équipé les policiers en étuis imperméables, afin que les armes individuelles puissent être sur chaque plage ».

Comment conjuguer une opération de secours et une démarche de sécurisation des baigneurs ? Trois policiers armés sur 30 kilomètres de littoral marseillais, cela ne pèse pas lourd. Encore moins à la ceinture. Il n’est pas question ici de faire peur au citoyen baigneur. On s’interroge seulement sur l’adéquation des moyens à une situation de menace terroriste.

« Les réservistes sont là pour prendre des sous… pas des balles »

Quant aux dévoués réservistes, qui ont trente ans de carrière dans la besace, on leur demande, s’ils en forment le voeu, d’aller chercher l’arme le matin au service et de la ramener le soir, ce qui confine à l’abnégation, peu à la confiance policière. Du coup, tous ont renoncé. Comme dit un élu caustique, « les réservistes sont là pour prendre des sous, pas des balles ». Leur direction promet de « revoir » et d' »assouplir » le dispositif.

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