🇫🇷 Mère éborgnée en Seine-Saint-Denis : 3 policiers acquittés.

par Y.C.
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La légitime défense a été retenue pour trois policiers qui ont été acquittés ce mercredi. Lors d’une interpellation en 2013, une mère de famille avait été éborgnée par un tir de grenade des policiers, alors que ces derniers étaient violemment pris à partie.

Dix-huit mois de prison avec sursis, trois ans d’interdiction professionnelle et cinq ans d’interdiction de port d’armes avaient été requis à l’encontre du policier accusé du tir mutilant. A l’annonce du verdict, dans la salle comble des assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis), les policiers et leurs familles ont fondu en larmes, tout comme Daniel Merchat, l’avocat du fonctionnaire accusé d’avoir utilisé la grenade.

Ce 25 juin 2013, les policiers se trouvaient dans une cité de Villemomble (Seine-Saint-Denis) et avaient interpellé un individu âgé de 20 ans qu’ils avaient identifié comme étant l’auteur d’un rodéo à moto. Son frère de 21 ans avait tenté de s’interposer à l’intervention des policiers, avant que la situation dégénère écrit Le Figaro.

Des habitants, dont la mère des deux frères s’étaient alors approchés de la situation en cours, tandis que les policiers étaient caillassés. Les fonctionnaires avaient rétorqué par des moyens lacrymogènes. Un policier avait ensuite fait usage d’une grenade de désencerclement, qui blessera grièvement la mère de famille qui a perdu son œil gauche.

La légitime défense retenue

La cour a reconnu que la blessure de cette femme de 58 ans était bien imputable au jet de grenade du policier, mais, qu’ayant agi en état de légitime défense, il ne pouvait pas être condamné. Les deux autres fonctionnaires, poursuivis pour des violences sur les deux frères, ont également été relaxés, la cour estimant, là aussi, qu’ils se trouvaient en légitime défense.

Des peines de trois et six mois de prison avec sursis, assorties d’autant d’interdiction professionnelle avaient été requises à leur encontre.

Les deux frères relaxés

Philippe-Henry Honegger, l’avocat de la famille, s’est dit « déçu et choqué par cette décision » et a évoqué « un durcissement de l’opinion publique qui a conduit les jurés à prendre une décision contraire à ce que prévoit la loi. »

Également poursuivi pour « violences », le frère interpellé a été quant à lui relaxé. L’autre frère, contre qui quatre mois de prison avec sursis avait été requis pour s’être opposé à l’interpellation, a été dispensé de peine.

Actu17.